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Bonjour. Des idées de lectures sur le net.

J’aime bien l’économiste Hans-Werner Sinn. Président d’un des plus importants think tanks allemand, il a des idées bien arrêtées, des idées qui vont très souvent à rebours de ce qu’on croit en France. Ainsi, concernant le Partenariat transatlantique, il écrit que, contrairement à ce qu’écrivent nos journaux, les consommateurs européens ne sont pas mieux protégés que les consommateurs américains. En fait, c’est l’inverse. Au sein de l’Union européenne, « à l’issue de la Décision Cassis de Dijon, rendue par la Cour de Justice des Communautés européennes, « la norme minimale applicable à tous les Etats est déterminée par le pays appliquant dans chaque cas la norme la moins stricte ». Tandis que « la Food and Drug Administration américaine veille au respect des standards les plus exigeants, de sorte qu’en vertu du Traité transatlantique, écrit-il, les consommateurs européens pourraient accéder à des produits de meilleure qualité, à un moindre prix. » Pourquoi alors, Hans-Werner Sinn, se montre-t-il très réservé sur ce partenariat commercial entre les deux plus grandes puissances commerciales du monde ? Primo, parce que cette espèce « d’OTAN économique », comme il dit, se ferait aux dépends de la Chine et de la Russie, ce qui lui paraît « peu judicieux ». Mais surtout parce que l’extension de la garantie aux capitaux américains investis en Europe permettrait aux Etats-cigales de l’UE d’emprunter encore davantage à moindre coût, puisqu’en cas de défaut, les autres Européens seraient obligés de payer à leur place. On le voit les Allemands restent obsédés par le risque d’une mutualisation des dettes publiques…

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A mesure que le référendum sur l’auto-détermination de l’Ecosse se rapproche, le 19 septembre, la panique s’empare de la classe politique londonienne. L’homme politique David Marquand, longtemps député du Labour, se moque de ces terreurs dans le magazine Prospect. Les Anglais, dit-il, ont toujours eu du mal à comprendre que l’on puisse être, comme les Gallois et les Ecossais, britanniques sans être le moins du monde Anglais. Les Actes d’Union qui unifièrent sous une même bannière les royaumes d’Angleterre et d’Ecosse, en 1707, procèdèrent d’un marchandage, destiné, du point de vue de Londres, à mettre fin à l’alliance franco-écossaise. L’Ecosse ayant librement et volontairement décidé de s’unir à l’Angleterre, elle peut fort bien rompre le mariage trois siècles plus tard. Pour éviter la séparation pure et simple, Marquand propose de transformer le Royaume Uni en un Etat fédéral sur le modèle allemand. La Chambre des Lords, archaïque, serait remplacée par une sorte de Bundesrat, représentant l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord.

Les Etats-Unis sont menacés d’une nouvelle crise financière, celle qui pourrait provenir de l’accumulation des emprunts traditionnellement contractés par les étudiants pour financer leurs études. Les frais d’inscriptions ayant explosé, au cours des dernières années, la dette moyenne d’une personne ayant poursuivi ses études jusqu’à la licence, est passée, entre 1989 et 2013 de 10 000 à 40 000 dollars. Or, les salaires ne progressant plus au rythme d’autrefois, nombre de ces diplômés vont se trouver dans l’incapacité matérielle de rembourser. Des sommes énormes sont en jeu. En fin de compte, estime le think tank Brookings Institute, c’est le contribuable qui va devoir acquitter la facture, d’une manière ou d’une autre…

Bon week-end sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi aux Matins.

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Brice Couturier
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