Aristophil, l'escroquerie lettrée

Gérard Lheritier, président et fondateur de l'Institut des Lettres et des Manuscrits et de la Société Aristophil
Gérard Lheritier, président et fondateur de l'Institut des Lettres et des Manuscrits et de la Société Aristophil  ©AFP - MARTIN BUREAU
Gérard Lheritier, président et fondateur de l'Institut des Lettres et des Manuscrits et de la Société Aristophil ©AFP - MARTIN BUREAU
Gérard Lheritier, président et fondateur de l'Institut des Lettres et des Manuscrits et de la Société Aristophil ©AFP - MARTIN BUREAU
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Hier a débuté le début de la fin de l’une des plus grandes escroqueries françaises de ces dernières années, Aristophil…

La meilleure façon de connaître un pays, c’est de comprendre les arnaques qui s’y déroulent. Aux Etats-Unis, la plus efficace, jusqu’à présent, a été celle de Bernard Madoff : promettre de manière un peu vulgaire 9 % de rendement à des individus uniquement alléchés par le gain. 

Oui, mais nous en France, on est autrement plus distingué. Alors chez nous, il faut promettre 9 % de rendement, comme aux Etats-Unis, et la possession en copropriété d’un manuscrit de Flaubert, Zola ou Einstein. Ça c’était Aristophil, dont les actifs, autrement dit les manuscrits, ont commencé à être vendu hier aux enchères… 

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Le principe de cette société était simple et élégant : proposer à des épargnants de posséder une partie d’un manuscrit original. 

C’est ainsi qu’Aristophil avait acquis un mythique manuscrit de Sade, celui des 120 journées de Sodome

Mais les masos semble-t-il, ce sont les 18000 épargnants qui ont confié leurs économies, de 15000 euros à plus d’un million d’euros, à la société Aristophil. Car celle-ci garantissait aux épargnants qui lui faisaient confiance de rembourser les sommes investies au départ, plus de copieux intérêts. 

Or à l’arrivée, ces intérêts sont restées lettre morte, s’agissant d’une histoire littéraire. Aristophil était tout simplement un schème de Ponzi, un Madoff littéraire, comme l’explique un numéro de Superfail que vous pouvez télécharger sur le site de France culture. 

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Ne pouvant garantir le versement d'intérêts, Aristophil se contentait de rembourser les sortants avec l’argent des entrants. 

Il y a dans cette arnaque la preuve que nous demeurons un pays littéraire. Croire que Verlaine ou Rimbaud peuvent rapporter du 9%, c’est la preuve qu’à défaut de connaître les chiffres, dans notre pays, on aime les lettres.

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