Des micros de différents médias sont posés sur une table
Des micros de différents médias sont posés sur une table ©AFP - ERIC CABANIS
Des micros de différents médias sont posés sur une table ©AFP - ERIC CABANIS
Des micros de différents médias sont posés sur une table ©AFP - ERIC CABANIS
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La défiance vis-à-vis des médias n’est pas aussi forte qu’on le croit ou qu’on le dit parfois.

Avec
  • Guillaume Erner Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture

Si vous souhaitez taper sur un journaliste radio ce matin, vous serez minoritaire, à en croire le traditionnel sondage réalisé par la Croix, sur la crédibilité des médias. Et ce sondage mérite d’être lu, car il recèle une évidence. Non, la défiance vis-à-vis des médias n’est pas aussi forte qu’on le croit ou qu’on le dit parfois, les Français ont par exemple majoritairement confiance dans le média radio, puisqu’ils sont 56 % à faire confiance en la radio pour les informer, un chiffre en hausse de 4 %. 

Je suis journaliste radio, donc il y a un biais, mais lorsque l’on examine la crédibilité des autres sources d’information, journal télévision, toutes sont perçues comme plus crédibles qu’auparavant, à l’exception d’internet dont les Français se méfient. 

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Si l’on prend l’un des sujets majeurs de l’année 2017, l’élection présidentielle, les Français sont 76 % à considérer qu’ils ont été bien informés au cours de la présidentielle, même si 57 % trouvent que l’on a trop parlé des affaires de François Fillon. 

Cela ne signifie pas que tout va bien, mais cela montre en tout cas, que les journalistes ne sont pas nécessairement placés entre les gangsters de Chicago et les arracheurs de dents, même si certaines critiques leurs sont adressées. 

Un sondage qui devrait faire réfléchir ceux qui pensent qu’il suffit de taper sur les journalistes pour voir sa popularité monter. D’autant que les Français, c’est l’autre enseignement de ce sondage, sont finalement très rétifs aux médias d’opinion : seuls 2 % des Français attendent des médias qu’ils affirment un choix partisan. 

En d’autres termes, la méfiance vis-à-vis des médias semble être la conséquence de l’esprit critique indispensable à une démocratie mature, nos contemporains ne veulent plus de médias d’opinion parce qu’ils sont suffisamment grands pour se faire la leur.  

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