La Fédération française des Motards en Colère manifeste contre l'abaissement de la vitesse à 80km/h sur les routes nationales secondaires, à Montélimar en février 2017
La Fédération française des Motards en Colère manifeste contre l'abaissement de la vitesse à 80km/h sur les routes nationales secondaires, à Montélimar en février 2017 ©AFP - CHRISTOPHE ESTASSY
La Fédération française des Motards en Colère manifeste contre l'abaissement de la vitesse à 80km/h sur les routes nationales secondaires, à Montélimar en février 2017 ©AFP - CHRISTOPHE ESTASSY
La Fédération française des Motards en Colère manifeste contre l'abaissement de la vitesse à 80km/h sur les routes nationales secondaires, à Montélimar en février 2017 ©AFP - CHRISTOPHE ESTASSY
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TF1 demandait un droit de péage aux câblopérateurs, les câblopérateurs refusaient de payer, et tout cela s’est soldé par une fin de diffusion.

Avec
  • Guillaume Erner Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture

Le jeu non coopératif, c’est une notion issue de la théorie des jeux, laquelle vient nommer ce que peuvent faire plusieurs personnes qui doivent par exemple partager un magot. Alors, première solution, elles parlent et elles s’entendent : c’est un jeu coopératif, et chacun retire du magot une part égale. Seconde option, elles rompent le dialogue, et chaque partie a l’espoir d’empocher 100 % de la somme : c’est un jeu non-coopératif. Eh bien c’est exactement ce qu’il s’est passé avec le débat autour de la diffusion de TF1 sur les chaines câblées.

TF1 demandait un droit de péage aux câblopérateurs, les câblopérateurs refusaient de payer, et tout cela s’est soldé par une fin de diffusion. Tout le monde a perdu. Et c’est cela un jeu non-coopératif, une situation qui peut se solder par un perdant-perdant et qui aurait probablement persisté si le CSA n’avait pas sifflé la fin de la partie. Eh bien pour les 80 km/h sur la route, c’est exactement la même situation. C’est un autre exemple de jeu non-coopératif : chacun pense être un excellent conducteur, et estime pouvoir rouler à 90 km/h et même plus sans mettre en danger personne. Et au final chacun met soi-même et les autres en danger. Car l’intérêt de réduire la vitesse sur les routes nationales c’est notamment de réduire l’impact d’un choc frontal entre deux voitures, la situation pour laquelle un jeu coopératif est essentiel. Chacun accepte de réduire sa vitesse pour amoindrir la violence d’un choc possible, ou aussi pouvoir l’éviter. 

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Oui mais voilà, la pulsion naturelle des êtres consiste à croire en leur intérêt d’un jeu non-coopératif, comme si la société de défiance prévalait aujourd’hui que l’on dirige TF1 ou une voiture. Chacun ne voit son intérêt et que son intérêt et c’est pourquoi tout le monde perd.