Nicolas Messyasz (centre), un photographe travaillant pour SIPA Press, a été blessé par un tir de flashball lors de la manifestion des "Gilets jaunes" à Bourges, le 12/01/2019.
Nicolas Messyasz (centre), un photographe travaillant pour SIPA Press, a été blessé par un tir de flashball lors de la manifestion des "Gilets jaunes" à Bourges, le 12/01/2019.
Nicolas Messyasz (centre), un photographe travaillant pour SIPA Press, a été blessé par un tir de flashball lors de la manifestion des "Gilets jaunes" à Bourges, le 12/01/2019. ©AFP - Thierry Zoccolan
Nicolas Messyasz (centre), un photographe travaillant pour SIPA Press, a été blessé par un tir de flashball lors de la manifestion des "Gilets jaunes" à Bourges, le 12/01/2019. ©AFP - Thierry Zoccolan
Nicolas Messyasz (centre), un photographe travaillant pour SIPA Press, a été blessé par un tir de flashball lors de la manifestion des "Gilets jaunes" à Bourges, le 12/01/2019. ©AFP - Thierry Zoccolan
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Résumé

Cela valait le coup d’être Charlie…

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Oui, cela valait le coup de commémorer la liberté d’informer pour que la même semaine où l’on commémore l’attentat contre Charlie, des journalistes se fassent agresser alors qu’ils tentaient de faire leur travail — équipes de télévision ou journalistes de presse écrite. A quelque chose malheur est bon, cela permet de rappeler qu’en France, des journalistes doivent travailler sous protection, qu’il s’agisse des journalistes de Charlie Hebdo ou bien de ceux qui suivent les manifestations des « gilets jaunes ».

J’avoue avoir du mal à partage la démarche qui consiste à critiquer une profession, en l’occurrence les journalistes. De la même façon qu’il serait mensonger d’assimiler tous les « gilets jaunes » à des casseurs fascistoides, pourquoi laisser assimiler tous les journalistes à des laquais du pouvoir ? Tout se passe comme si le discours critique qui touche les journalistes généralisait à l’ensemble de la profession les turpitudes de quelques-uns, un peu comme si l’on construisait une critique générale des historiens à partir de l’œuvre de Laurent Deutsch. 

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C’est d’autant plus absurde que les journalistes sont soumis aujourd’hui à cette paupérisation et à cette précarité que dénoncent les « gilets jaunes » : très peu de CDI, des piges à 50 euros. Mais tout cela n’a pas d’importance, c’est si facile de décréter que les journalistes sont des chiens de garde du pouvoir, et ce alors même que la macronie s’est montrée brutale vis-à-vis des journalistes. 

Heureusement qu’il ne viendrait à l’esprit d’aucun intellectuel de qualifier les journalistes de chiens de garde, puisque cette expression utilisée par Nizan dans les années 1930, désignait la poignée de penseurs perdus dans l’abstraction, perdus au point d’oublier que le chômage, la misère et la violence affectaient les peuples. Peut-on sérieusement accuser aujourd’hui les journalistes d’oublier que la misère existe ? 

La vérité, c’est que les jeunes journalistes sont souvent des intellectuels prolétaroïdes, les vieux journalistes fréquemment des dinosaures surnuméraires, un peu des chiens de garde, puisqu’on les traite déjà comme des chiens. 

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Guillaume Erner
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