Jacqueline Rigaud à Paris devant la plaque qui commémore le souvenir de ses parents
Jacqueline Rigaud à Paris devant la plaque qui commémore le souvenir de ses parents ©Radio France - Podcast La Voix des Justes
Jacqueline Rigaud à Paris devant la plaque qui commémore le souvenir de ses parents ©Radio France - Podcast La Voix des Justes
Jacqueline Rigaud à Paris devant la plaque qui commémore le souvenir de ses parents ©Radio France - Podcast La Voix des Justes
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Retenez ce nom : Jacqueline Rigaud - Jacqueline, la fille de Paul Raymond et Marie-Louise Rigaud - car voilà une triste nouvelle.

Jacqueline nous a quittés hier à l’âge de 97 ans - une belle vie mais surtout une belle personne - Jacqueline Rigaud était, comme ses parents, une Juste parmi les nations, et il n’y a rien de plus important que de saluer la mémoire de ces femmes et de ces hommes, parce qu’ils ont sauvé des êtres humains, mais aussi et surtout parce qu’ils ont sauvé l’honneur du genre humain en refusant pour les uns, les ordres, pour les autres, la fatalité. Si vous voulez savoir qui est Jacqueline Rigaud, entendre sa voix, vous pouvez écouter son histoire racontée par Sophia Aram dans le podcast La Voix des Justes du Comité Français pour Yad Vashem, intitulée “ Désobéir pour sauver”.

La voix des Justes
24 min

Les Rigaud sont installés à Gaillac, dans le Tarn, en 1940. Le père Paul-Raymond travaille au commissariat de la ville, il ne veut ni de l’armistice, ni des Allemands. Il n’a aucune intention de prêter serment au Maréchal Pétain, il n’envisage même pas un instant de collaborer avec l’envahisseur. Le nouveau régime généralise la carte d’identité dans le but, évident a posteriori, de contrôler la population en général, les juifs en particulier. Et justement, Paul-Raymond va être chargé de fabriquer ces cartes d’identité. Et c’est ainsi qu’il va pouvoir éviter le tampon “juif” à ces réfugiés qui croyaient que la France les protégerait, et qu’il fallait se plier aux lois. Travaillant dans la police, prévenue de l’imminence d’une rafle, la famille Rigaud - la mère, le père, et Jacqueline, âgée de dix-sept ans en 1942 - va parcourir la campagne pour prévenir les juifs de se cacher pour échapper aux arrestations et aux déportations. C’est une véritable filière de faux papiers qui se met en place là-bas, avec un abbé, l’abbé Rousseau. 120 vraies fausses cartes d’identité furent ainsi délivrées pendant la guerre - 120 personnes, une en particulier dont Jacqueline Rigaud s’est souvenue, Diane Dudelczyk, une jeune fille juive de son âge qui s'était réfugiée à Gaillac pendant la guerre.
Ayons une pensée pour Jacqueline Rigaud aujourd’hui - le monde aura toujours besoin de Justes.

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