Enfants mangeant à la cantine scolaire.
Enfants mangeant à la cantine scolaire. ©Getty - SolStock
Enfants mangeant à la cantine scolaire. ©Getty - SolStock
Enfants mangeant à la cantine scolaire. ©Getty - SolStock
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Il ne faudrait plus dire « café du commerce » mais « cantine du commerce »… Tout simplement parce que la politique, en France, se fait moins au café qu’à la cantine.

A chaque fois qu’un sujet clivant divise les politiques et/ou les Français, vous pouvez être certain qu’il va s’inviter à la cantine.

C’est donc ce qui est arrivé avec le thème de la dette et de la rigueur budgétaire. Je vous résume brièvement l’affaire au cas où celle-ci vous avait échappé. Cela s’est déroulé à Saint-Médard-de-Guizières, en Gironde, un enfant de 7 ans a été refoulé de la cantine et raccompagné chez lui par le policier municipal parce que sa mère ne s’était pas acquittée du règlement de la cantine depuis deux ans – une mère qui reconnait aisément ne pas être à jour de ses règlements de cantine mais considère que le procédé est bien évidemment humiliant pour l’enfant. 

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Et c’est un épisode de plus de « la politique s’invite à la cantine », après le débat autour des repas religieusement adaptés, casher ou hallal, à la suite du bannissement de la viande de certains restaurants scolaires, et avant probablement d’autres thèmes à venir, comme les cantines véganes, voici donc les cantines prises de dette, où un édile montre sa gestion au cordeau des finances municipales en surchargeant le cartable d’un enfant du poids de ce symbole – un tel cartable est à coup sûr beaucoup trop lourd à porter pour les épaules d’un enfant de 7 ans. 

Mais voilà la cantine de Saint-Médard-de-Guizières est devenue un lieu de débat pour la France entière, symbole de la famille démissionnaire pour les uns, de la bureaucratie cruelle et inhumaine pour les autres. Il va de soi que les finances de la ville n’étaient probablement pas mises en péril par un tel impayé, mais à cet argument, la maire oppose le traditionnel argument de la pente glissante : qu’adviendrait-il si, d’aventure, tout le monde agissait de la sorte ? Et chacun de choisir son camp, celui de la mère ou celui de la maire, bref, mère isolée, contre maire la rigueur, plutôt isolée depuis sa décision. 

Ce qui est regrettable finalement dans ces histoires, c’est que l’on ne décide pas une fois pour toute de faire de l’école un véritable sanctuaire, et en particulier de la cantine qui pourrait ne plus avoir qu’une fonction unique : servir des repas aux enfants.