Ophélie Meunier placée sous protection policière après l’enquête sur l'islam radical à Roubaix.
Ophélie Meunier placée sous protection policière après l’enquête sur l'islam radical à Roubaix.
Ophélie Meunier placée sous protection policière après l’enquête sur l'islam radical à Roubaix. - Jean Brice Lemal/M6
Ophélie Meunier placée sous protection policière après l’enquête sur l'islam radical à Roubaix. - Jean Brice Lemal/M6
Ophélie Meunier placée sous protection policière après l’enquête sur l'islam radical à Roubaix. - Jean Brice Lemal/M6
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Résumé

Dimanche dernier, la chaine de télévision M6 a diffusé un épisode de l’émission "Zone Interdite", une émission consacrée comme l’évoque le journal Le Parisien à l’islamisme dans la ville de Roubaix.

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Dans cette émission, notamment, il est question d'une association de la ville de Roubaix soupçonnée de dispenser des cours coraniques, tout en touchant des subventions de la ville. Mais après la diffusion de cette émission, la présentatrice Ophélie Meunier, et l’un des témoins interviewés dans cette émission, Amine Elbahi, ont été victimes de menaces. Ce jeune homme a déposé plainte tandis qu’Ophélie Meunier, selon Le Parisien, est aujourd’hui sous protection policière, ce qui est à la fois une histoire banale et terrible.

Lors de sa diffusion, l'émission avait fait polémique, et la polémique est l’une des figures de la conversation nationale en démocratie, rien à redire à cela, même si aujourd’hui elle se déroule sur les réseaux sociaux. Il y a quelques années, quelques dizaines d’années, la polémique était toute aussi âpre, lorsque l’on se traitait de hyène dactylographe ou d’intellectuel flic, tout cela était assez violent, et peu propice à l’échange.

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Mais la nouveauté, la vraie nouveauté de notre époque, ce sont les menaces de mort, des menaces de mort à ce point fréquentes, que l’on risque même de s’y habituer, et qu’il faut rappeler qu’elles n’ont pas lieu d’être, ni à l’encontre d’Ophélie Meunier, ni à l’encontre de quiconque. Le recours fréquent à ces menaces signe l’épuisement du dialogue démocratique, l’idée que la rhétorique et la conviction ne sont plus de mise, et que la seule chose qui peut aujourd’hui avoir un sens, c’est l’extinction de l’autre, le fait qu’il se taise à jamais.

S’il n’y avait pas eu le précédent de Charlie Hebdo, on aurait pu croire que ces menaces proférées sur les réseaux sociaux auraient une vertu cathartique, qu’en les prononçant, on sublimait la possibilité d’une action, mais aujourd’hui on sait bien qu’il n’en est rien. Tout cela suscite non seulement des inquiétudes sur notre capacité à faire société, mais aussi fragilise notre rapport à la vérité. Car comment imaginer une conversation nationale si à de nombreuses reprises certains thèmes ou arguments relèvent d'une zone interdite ?

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L'équipe

Guillaume Erner
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