Les souris de "Maus" - Art Spiegelman
Les souris de "Maus" - Art Spiegelman
Les souris de "Maus" - Art Spiegelman
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Résumé

La radio américaine NPR nous apprend que la bande dessinée "Maus" d’Art Spiegelman, racontant la Shoah au travers de la conversation d’un fils et de son père rescapé de la nuit, est à nouveau en tête des ventes aux Etats Unis.

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Pourquoi ce succès soudain ? Eh bien parce qu’un petit comté américain, dans le Tennessee, le comté de Mac Minn a décidé de retirer ce livre des bibliothèques, parce que cette bande dessinée contenait des mots grossiers – « God Damn », par exemple – mais aussi des scènes de nus, l’une d’entre elles montre deux souris partageant le même lit, puisque Maus figure les humains à l’aide de souris.  Tout cela pourrait faire sourire si l’interdiction n’était pas bien réelle, décidée ici par des bigots que le ridicule n’effraie pas…

Ce n’est pas la première fois que Maus est interdit, la bande dessinée a déjà subi le même sort en Russie puisque, tenez-vous bien, Maus a été interdit en 2015 en raison des croix gammées que le livre comporte, on croit rêver, on rêve…

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Mais la vraie bonne nouvelle, c’est que dans une société ouverte, ces interdictions ont exactement l’effet contraire du but recherché : elles concentrent l’attention sur l’œuvre en question au lieu d’arriver à leur fin, c’est ce que l’on nomme l’effet Streisand – l’actrice Barbra Streisand avait tenté de faire disparaitre des clichés relatifs à sa maison, et cette vaine tentative les a propulsés un peu partout sur le net.

C’est exactement ce qui arrive en ce moment avec Maus, si bien que la « Cancel Culture » devient une opération de promotion, avec une véritable entreprise méthodique pour promouvoir Maus au sein de ce petit comté américain du Tennessee – un comté qui ne comporte que 50.000 âmes, ce qui rend possible la distribution d’un exemplaire de Maus à chaque enfant.

Si nous faisions de même à chaque fois qu’une œuvre était menacée cela pourrait décourager les vocations de censeurs, que cela soit pour une bande dessinée, ou bien pour une émission, à l’instar de Zone interdite consacrée au Islamistes à Roubaix dont je vous parlais hier. Une manière de rappeler qu’il y aura désormais toujours un trou de souris par lequel la liberté d’expression pourra s’échapper.