236 réfugiés ukrainiens, principalement des femmes et des enfants, sont arrivés ce mardi 8 mars à Metz (Moselle) ©Radio France - Vianney Smiarowski
236 réfugiés ukrainiens, principalement des femmes et des enfants, sont arrivés ce mardi 8 mars à Metz (Moselle) ©Radio France - Vianney Smiarowski
236 réfugiés ukrainiens, principalement des femmes et des enfants, sont arrivés ce mardi 8 mars à Metz (Moselle) ©Radio France - Vianney Smiarowski
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Résumé

Cela a été dit moultes fois, il y a évidemment de quoi évidemment être troublé par ce deux poids deux mesures vis-à-vis des migrants, migrants ukrainiens voyageant gratuitement dans les trains, migrants syriens jetés des trains...

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Et ce d’autant plus qu’ironie atrocement cruelle, les méthodes de guerre russes utilisées en Ukraine par l’armée russe rappellent en tout point les crimes perpétrés en Syrie : instrumentalisation des corridors humanitaires, bombardement d’hôpitaux, en trois mots, crimes de guerre.

Tout cela est crépusculaire, et pourtant nous pourrions entrevoir une lueur dans la nuit, la prise de conscience du drame des réfugiés, des réfugiés d’où qu’ils viennent. Chaque expérience de la nuit illustre l’universel, « Si c’est un homme » disait Primo Levi.

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Bien sûr, notre rapport au proche, ou à ce qui est perçu comme proche, n’est pas identique à ce qu’il est avec le lointain, c’est vieux comme le Lévitique, mais justement rappelons-nous de la formule empruntée par le Lévitique : « Il sera pour vous comme l’un des vôtres, l’étranger qui habite avec vous, car vous avez été étrangers en terre d’Egypte ». Des générations de vieux rabbins, de prêtres se sont penchés sur ce verset du Lévitique et les trois autres passages où la Torah, l’ancien testament, parlent de notre rapport à l’étranger, toujours en nous rappelant que l’on n’est pas étranger par essence, qu’on l’est par expérience, et que c’est cette expérience et ce souvenir qui doit guider notre conduite.

Et c’est pourquoi l’aide apportée aux réfugiés ukrainiens ne peut qu’agir sur notre représentation de tous les réfugiés. Et si nous oublions ce principe de similarité à l’égard des étrangers ? Eh bien la Bible nous le dit, nous risquons d’être détruits. Celui qui dit cela n’est ni prêtre ni rabbin, c’était un grand médiéviste, John Boswell, mort il y a trente ans. Et dans l’un de ces livres, Boswell revient sur la malédiction frappant la ville biblique de Sodome. Pourquoi Sodome a-t-elle été détruite ? Pas du tout pour ce que l’on a dit, si l’on en croit Boswell, si le tout puissant a décidé de dévaster cette ville, c’est parce qu’elle avait refusé d’offrir l’hospitalité aux étrangers, parce qu’il se pourrait que le pire des péchés soit d’oublier que l’on a été étranger en terre d’Egypte.

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Guillaume Erner
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