La "tour de contrôle" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
La "tour de contrôle" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
La "tour de contrôle" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ©AFP - LOIC VENANCE
La "tour de contrôle" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ©AFP - LOIC VENANCE
La "tour de contrôle" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ©AFP - LOIC VENANCE
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Résumé

Dans la "Zone d'Aménagement Différé" renommée "Zone À Défendre" de Notre-Dame-des-Landes, l'ironie règne en maître.

avec :

Guillaume Erner (Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture).

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Nous voilà donc à Notre-Dame-des-Landes, « NDDL » pour les intimes, ce Larzac de notre temps, un lieu où l'ironie règne en maître, à commencer par le détournement du terme de « ZAD » : avant cela voulait dire « Zone d'Aménagement Différé », dans les années 60, où il s'agissait déjà de construire un aéroport sur ce bocage, et maintenant cela signifie « Zone À Défendre ». 

Ironie parce que cette zone à défendre peuplée de zadistes, s'est dotée des symboles qu'on voulait construire en son sein. Elle s'est dotée par exemple d'une tour de contrôle, même s'il ne s'agit pas d'une tour de contrôle d'aéroport mais d'une tour de contrôle de bric et de broc, défiant des pouvoirs publics qui n'y peuvent plus rien et surtout, le mauvais artiste du lieu, un certain Vinci, lequel n'a rien de Léonard, puisqu'il s'adonne plutôt à la sculpture par coulage de béton. 

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Mais le vrai symbole, il est à voir quelques dizaines de mètres après la tour de contrôle, sur la RD 281, route départementale 281, la portion dite des chicanes. 

Tout se passe comme si l'on était dans ces lotissements où l'on construit de drôles de ralentisseurs, avec des bacs à fleurs, des moulins à vent, des gendarmes couchés, sauf qu'ici on n’appelle pas cela des gendarmes, puisque des gendarmes couchés ou pas on n'en veut pas. Ici il y a des cabanes, des carcasses de voitures, des pneus, un fatras poético-apocalyptique, qui signifie juste une chose : la RD 281 appartient à ceux qui y habitent, elle n'appartient plus à l'Etat ou à la DDE. 

La route des chicanes montre le trajet non linéaire qui a été celui de NDDL, où l'on emprunte les détours les plus sinueux pour arriver aujourd'hui au bocage. 

La route des chicanes rappelle les checkpoints des territoires disputés, comme si l'on n’était non pas dans le bocage nantais mais entre Jérusalem et Hébron, un territoire où la nature entoure la route à perte de vue. Comme si, finalement, les zadistes étaient devenus désormais un peuple sans terre pour une terre sans peuple. Bienvenue au Kibboutz, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. 

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