Ecole Nationale d'Administration (ENA) ©AFP - GUIZIOU FRANCK / HEMIS.FR / HEMIS.FR / HEMIS
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Résumé

Bruno Le Maire, candidat aux primaires de la droite, a proposé la suppression de l'ENA, l'école nationale d'administration. Une idée pas si nouvelle, l'ENA étant attaquée depuis 1967... Par d'anciens énarques.

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Et oui, et si l’on supprimait l’ENA, la proposition nous vient cette semaine de Bruno Le Maire, candidat aux primaires de la droite. Je dis qu’elle nous vient cette semaine parce que l’histoire de la suppression de l’ENA est a peu près aussi longue que l’histoire de l’ENA elle-même.

Qui a eu l’idée folle d’inventer l’école nationale d’administration ? C’était Debré en 1945, et dès 1967 l’énarque Jean Pierre Chevènement proposait sa suppression. A l’époque il ne demandait pas aux énarques d’être discret, il militait pour leur disparition. Puis cette suppression fut officiellement demandé par le Parti Socialiste dès 1972. Il parait qu’il faut philosopher pour cesser de philosopher, eh bien c’est à peu près la même chose pour l’ENA : il faut être énarque pour demander la suppression de l’ENA. C’est ainsi qu’à peu près tous les énarques qui se respectent ont prévu la fin de leur école, depuis Jacques Chirac jusqu’à Laurent Fabius, en passant donc par Bruno Le Maire – inutile d’insister sur le fait que s’il fallait cloner de l’énarque, prendre un peu d’ADN de Chirac, Fabius ou Le Maire permettrait à coup sûr d’assurer la survie de l’espèce. Alors pourquoi ces politiques s’acharnent-ils tous à vouloir supprimer l’école qui les a créés, qui les constitue, et même qu’ils symbolisent ? Il ne s’agit évidemment pas d’une façon de penser contre soi-même, les politiques sont TSM, Tout Sauf Masochistes.

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Reste une hypothèse, tenter de supprimer l’ENA constitue pour ces énarques l’expression ultime du narcissisme, "après moi le chaos", une sorte de traduction administrative du dernier homme nietzschéen, rester pour toute l’éternité non pas le dernier homme mais le dernier énarque. Reste une question à poser au grand oral de l’ENA : si ouvrir des écoles, c’est fermer des prisons, fermer une école est-ce… Enfin, vous m’avez compris.

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Guillaume Erner
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Guillaume Erner
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