Le plaisir est dans le "E"

Femme mangeant un burger
Femme mangeant un burger ©Getty - MOAimage
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Il n’y a rien de plus délicieux que de déroger de temps en temps à ses principes.

Quitte à me faire excommunier par la communauté des vegans et celle des nutritionnistes, je confesse me laisser tenter, parfois, par un bon hamburger bien gros et bien gras, d’autant plus adipeux qu’il est produit à la chaine par une enseigne de fast-food ayant pignon sur rue.

Quelle n’a donc pas été ma surprise en apprenant en début de semaine, dans un article du journal Les Echos, que l’enseigne en question, dont le M est plus connu que celui du métro, avait l’intention de mettre en place cet été le Nutriscore dans ses restaurants.

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Le Nutriscore, vous connaissez : c’est ce système d’étiquetage qu’on trouve de plus en plus sur les produits alimentaires, et qui classe ces derniers en fonction de leur valeur nutritionnelle. Si c’est la lettre A qui s’affiche, vous pouvez vous régaler. Si c’est la E, attention à vos artères.

Les industriels n’étant pas des gens idiots, on peut imaginer que s’ils acceptent de jouer le jeu du Nutriscore, c’est parce que leurs produits ne sont pas tous saturés en graisse. Qu’ils seront bien notés. Ce serait une sacrée contre-publicité que de dire aux consommateurs : ‘achetez chez nous, tout y est dégueulasse, et vous avez de grandes chances de développer une maladie cardio-vasculaire.

Oui mais justement, n’est-ce pas un peu ce goût du danger, autant que celui du ketchup et de la viande trop cuite, que nous allons chercher en nous précipitant à intervalles plus ou moins réguliers dans les fast-foods ? Non seulement je n’ai pas besoin d’un prétexte diététique pour me déculpabiliser d’avaler des nuggets à la sauce curry, mais je crois même que ce genre d’argument me gâcherait une partie du plaisir

Et réflexion faite, je me dis que la voilà l’idée de génie de l’enseigne en question : adopter le Nutriscore va lui permettre d’affirmer sa spécificité dans un monde obsédé par le bien-manger : chez nous, la malbouffe est garantie. La junk-food mérite un E, pas un A, c’est aussi pour ça qu’on l’aime…parfois.

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