Journée "sans voiture" à Paris, le 25 septembre à Paris
Journée "sans voiture" à Paris, le 25 septembre à Paris  ©AFP - JAN SCHMIDT-WHITLEY / NURPHOTO
Journée "sans voiture" à Paris, le 25 septembre à Paris ©AFP - JAN SCHMIDT-WHITLEY / NURPHOTO
Journée "sans voiture" à Paris, le 25 septembre à Paris ©AFP - JAN SCHMIDT-WHITLEY / NURPHOTO
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Hier, c'était la deuxième édition de la journée "sans voiture" à Paris. Ce matin, Guillaume Erner s'interroge, désormais la tendance générale serait-elle aux journées "sans" ?

Avec
  • Guillaume Erner Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais aujourd’hui nous sommes passés aux journées "sans". Ce weekend, c’était une journée sans voiture à Paris, mais la vogue du "sans" est devenue à peu près générale.

Il y a également la journée sans fumée, mais aussi le "no buy day", autrement dit la journée sans achat, la journée sans téléphone portable, la journée sans produits d’origine animale… Autant de signes que nous sommes passés à l’ère du trop plein. Il y a quelques décennies, ces mêmes journées auraient été des journées "avec", c’est à dire avec voiture ou avec viande … Le signe encore une fois que l’on a changé d’époque. Le signe aussi qu’aujourd’hui, la question majeure consiste à nous désintoxiquer. Réussir à démontrer qu’il est possible de vivre un jour sans cigarette, sans sel ou sans voiture. Vivre ou survivre d’ailleurs, puisque, j’ouvre une parenthèse, la journée sans voiture était une journée où il y avait moins de voiture, mais où celles qui restaient allait beaucoup plus vite. Du coup, mettre un enfant en vélo sur la route revenait à courir le risque d’aboutir à une journée sans enfants, je ferme la parenthèse. La prolifération de ces journées "sans", montre avant tout que nous sommes passés à une autre époque, celle où les envies ont pris le pas sur nos besoins. La logique de ces expériences de 24 heures, consiste à nous administrer la preuve que nous n’avons pas besoin de vivre conformément à nos envies, c’est est fini de la vieille maxime, ne pas imaginer le manque, c’est manquer d’imagination.

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Désormais, la maxime qui prédomine en matière de gras comme de voiture, c’est "less is more", moins c’est plus, voila pourquoi la journée sans est censée nous permettre de vivre à 100 pour 100.

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Mydia Portis-Guérin
Réalisation