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Résumé

Pourquoi faut-il prendre les choses à l’endroit quand on peut les prendre à l’envers ? Depuis l’élection de Donald Trump, il convient de dire, comme "Télérama" ce matin, que les médias n’ont pas vu venir les électeurs de Trump.

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Quels médias ? Pas le journal "Le Monde" qui a publié un supplément de 16 pages le 29 octobre sur les élections de la colère. Pas les journaux de Radio France, puisque plusieurs reportages ont été effectués dans la rust belt, cette région industrielle qui a apporté de nombreuses voix à Donald Trump. En réalité, il y a eu une palanquée de papiers et autres reportages sur le Trumpistan. Une enquête rapide permet de s’en assurer. Prendre les choses à l’envers, c’est considérer que les médias ont ignoré les électeurs de Trump. Les prendre à l’endroit, en revanche, c’est considérer que les électeurs de Trump ont ignoré les médias. Car l’ensemble des dispositifs habituels, du fact checking au décodage, ont été d’une utilité à peu près nulle dans cette élection. Donald Trump a pu dire une chose et son contraire, balancer des chiffres fantaisistes, et cela de manière infiniment plus fournie qu’Hillary Clinton, tout cela a été dit et redit sans aucune incidence décisive sur le vote des électeurs. Et c’est cela le principal enseignement de ces élections. Pour la première fois, les médias ne servent à rien, ou à pas grand-chose. A l’époque des "post truth politics", "la politique d’après la vérité", selon le terme popularisé par "The Economist", les médias ne servent à informer que les informés, une part de plus en plus importante de la population s’en désintéresse absolument. C’est une mauvaise nouvelle, mais comme les médias ont de moins en moins d’importance, qui se chargera de la diffuser ?

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Guillaume Erner
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