Capture d'écran - vidéo amateur
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Un vrai conte de fées pour ce jeune homme, une histoire à populariser pour ceux qui estiment qu’il faut renvoyer dans leur pays tous les sans-papiers.

Avec
  • Guillaume Erner Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture

Il s’appelle Mamoudou Gassama…

Vous ne connaissez probablement pas son nom, mais en revanche, vous avez vu son acte de bravoure : sauver un garçonnet qui risquait de tomber du 4ème étage d’un immeuble parisien. Une scène inouïe filmée par un passant, le garçonnet suspendu dans le vide, la foule qui l’observe avec effroi sans savoir que faire et ce jeune homme qui s’élance et gravit la façade avec autant de facilité que s’il s’agissait d’un escalier… 

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Si une telle scène avait été dans un film, on l’aurait trouvée peu crédible… Or, il se trouve que Mamoudou Gassama est un sans-papiers venu du Mali. Du coup, la mairie de Paris a expliqué qu’elle appuierait sa demande d’obtention d’une carte de séjour et – miracle – le président de la République le recevra ce matin. 

Un vrai conte de fées pour ce jeune homme, une histoire à populariser pour ceux qui estiment qu’il faut renvoyer dans leur pays tous les sans-papiers. Alors tout va bien… Tout va bien ou presque. Parce que mettre en scène l’héroïsme d’un sans-papiers, c’est finalement risquer de rendre plus précaire encore la situation de tous les autres, tous ceux qui seraient bien incapables de gravir la façade d’un immeuble. 

Si ce jeune homme obtient des papiers dans ce contexte, la question à se poser sera : faut-il pouvoir monter au 4ème étage d’un immeuble pour devenir français ? Une société de héros n’est pas une société faite pour les hommes, les sans-papiers sont des gens comme vous et moi : ils ont le vertige. La plupart ne sont ni Spiderman ni Batman, et la seule chose à laquelle ils aspirent c’est de mener une vie d’êtres ordinaires et non une existence de super héros. 

Donner des papiers aux êtres extraordinaires, c’est finalement l’exact contraire de ce qui est pratiqué aux Etats-Unis où une loterie – une vraie loterie – permet d’obtenir sa green card, sa carte de séjour, abandonnant à la providence ce qui devrait dépendre ici de l’extraordinaire. 

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Mydia Portis-Guérin
Réalisation