Art mineur, art majeur, musique et littérature s'accordent en tous cas sur la couverture des livres.
Art mineur, art majeur, musique et littérature s'accordent en tous cas sur la couverture des livres.
Art mineur, art majeur, musique et littérature s'accordent en tous cas sur la couverture des livres.  ©Getty - Ian Johnston
Art mineur, art majeur, musique et littérature s'accordent en tous cas sur la couverture des livres. ©Getty - Ian Johnston
Art mineur, art majeur, musique et littérature s'accordent en tous cas sur la couverture des livres. ©Getty - Ian Johnston
Publicité
Résumé

Avez-vous remarqué cette nouvelle manie qui s’est emparée des écrivains et de leurs maisons d’édition, et qui consiste à donner, comme titre de roman, un extrait de chanson ?

avec :

Olivier Adam(écrivain) (Ecrivain), Pierre Perret (Chanteur), Julie Wolkenstein (écrivain, enseignante en université et traductrice), Alain Bashung (auteur, compositeur, interprète, comédien), Serge Gainsbourg (auteur compositeur interprète ( Paris, 2 avril 1928 - Paris, 2 mars 1991)), Leïla Slimani (Écrivain), Delphine de Vigan (Ecrivain), Henri Salvador (Chanteur, compositeur et guitariste de jazz), Bernard Pivot (Journaliste et critique littéraire).

En savoir plus

Ainsi le dernier livre d’Olivier Adam, Tout peut s’oublier, emprunté à Jacques Brel et à son Ne me quitte pas ; ainsi Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, bout de phrase tiré du Osez Joséphine d’Alain Bashung.

Citons encore (la liste est loin d’être exhaustive) Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, Et toujours en été de Julie Wolkenstein, Chanson douce de Leïla Slimani : je vous laisse quelques petites secondes de réflexion…oui, dans le premier cas, c’est bien du Goldman, dans le 2e, du Nino Ferrer, et dans le 3e, Henri Salvador.

Publicité

Le grand spécialiste de ces emprunts, c’est Michel Bussi, un des plus gros vendeurs de livres en France. A son actif (je n’en cite que quelques-uns) : J’ai dû rêver trop fort (Bashung, encore), On la trouvait plutôt jolie (Pierre Perret) ; attention, un peu plus pointu : T’en souviens-tu mon Anaïs ? (réservé aux seuls fans, mais ils sont encore nombreux, d’Hubert-Félix Thiéfaine) ; et le petit dernier : Rien ne t’efface (Goldman, décidément incontournable).

On peut tiquer, à juste titre (si j’ose dire) devant une telle pratique, qui relève avant tout d’une stratégie marketing bien en place.

Peut-être même, dans certains cas, d’un manque d’imagination.

Mais on peut aussi y voir un hommage, celui du grand art, la littérature, à un plus petit, du moins considéré comme tel : la chanson.

En 1986, Bernard Pivot avait justement consacré un des numéros d’Apostrophes à la chanson française.

L’émission est restée dans les mémoires en raison du débat opposant ce soir-là deux des invités : le toujours trop sous-estimé Guy Béart, et le parfois trop surestimé Serge Gainsbourg, dont on célèbrera mardi prochain le 30e anniversaire de la mort.

Objet du litige : Béart estimait que la chanson était un art majeur, Gainsbourg soutenait le contraire, l’auteur de la Javanaise finissant par clouer le bec à celui de l’Eau vive. Gainsbarre 1 ; Béart 0.

Avec ses titres empruntés à des couplets et des refrains populaires, la littérature livre peut-être, post mortem, un autre verdict à ce débat.

Ne vous déplaise…

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production