Los Angeles - 1993 : l'actrice Sandra Bullock pose pour une séance de photos.
Los Angeles - 1993 : l'actrice Sandra Bullock pose pour une séance de photos. ©Getty - Photo de Michael Tighe/Donaldson Collection
Los Angeles - 1993 : l'actrice Sandra Bullock pose pour une séance de photos. ©Getty - Photo de Michael Tighe/Donaldson Collection
Los Angeles - 1993 : l'actrice Sandra Bullock pose pour une séance de photos. ©Getty - Photo de Michael Tighe/Donaldson Collection
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Rassurez-vous je ne vais pas parler d’immigration parce que, bien souvent en France, lorsque l’on dit « sans tabou » on veut parler d’immigration.

Là, je veux parler de nos entrailles, non pas pour savoir si le fruit de nos entrailles est béni, mais au contraire pour évoquer le produit de nos entrailles réputé dégradant et même considéré comme étant le symbole même du déchet et de la déjection. En France, on répugne à parler des intestins, un pudique « j’ai mal au ventre » désigne cette région du corps un peu vague que l’on préfère omettre au pays de Madame de Sévigné. 

Rien de tel ailleurs, où l’on peut parler de tout, et c’est ainsi qu’un article est en tête des articles les plus lus depuis quelques jours parmi les papiers du New York Times, il s’intitule « Women poop. Sometimes at work », ce qui pourrait être traduit par « les femmes font la grosse commission, parfois au travail ». Et cet article d’évoquer la gêne ressentie lorsqu’il s’agit de se libérer au travail, notamment lorsque l’on est une femme, une gêne telle qu’elle est parfois freinée au point de faire du mal à son corps, illustration supplémentaire de la supériorité du laissez faire, laissez passer, le lâcher prise étant désormais la seule philosophie qui prévaut en matière de rapport au corps, dans le monde anglo-saxon et de plus en plus dans nos contrées. 

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Peut-on parler de tout, y compris de ce qui se déroule dans les WC ? Eh bien la tendance est évidemment celle-ci, et le vieux monde — nous — est incontestablement à la remorque à cet égard. Conséquence indirecte de la montée du discours écologique, du nouveau rapport à la nature, il est de moins en moins sale de parler de ce qui jadis était considéré comme l’acmé du sale, le salissime. Il y a eu le bestseller mondial de Giulia Enders, Le charme discret de l’intestin, l’autre livre culte de Kathleen Meyer Comment se soulager dans les bois ? — pour une approche environnementale d’un art perdu — deux signes, mais pas les seuls, que ce que produit l’intestin nous regarde, et que l’on est  de moins en moins prêt à en taire le contenu, de l’intérêt pour le microbiote à la diffusion des toilettes sèches qui ont pour conséquence de ne plus dissimuler au loin la matière. 

Alors je vous laisserai décider du fait de savoir si nous sommes arrivés au stade final de l’humanité le stade anal, ou si nous mettrons quelques années pour y parvenir, au stade étron, bien sûr.  

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
David Jacubowiez
Réalisation