Journaliste filmant des affrontements entre police et manifestants lors de la marche pour le climat du 21 septembre 2019 à Paris.
Journaliste filmant des affrontements entre police et manifestants lors de la marche pour le climat du 21 septembre 2019 à Paris. ©AFP - LUCAS BARIOULET
Journaliste filmant des affrontements entre police et manifestants lors de la marche pour le climat du 21 septembre 2019 à Paris. ©AFP - LUCAS BARIOULET
Journaliste filmant des affrontements entre police et manifestants lors de la marche pour le climat du 21 septembre 2019 à Paris. ©AFP - LUCAS BARIOULET
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Lors de la manifestation contre le projet de loi sécurité globale, un journaliste se fait interpeller par la police et, selon ses dires, il lui est demandé par les forces de l’ordre de s’en aller, d’arrêter donc son travail, s’il ne veut pas finir en garde à vue.

Interrogé sur l'interpellation du journaliste en question, le ministre de l’intérieur a expliqué que les journalistes couvrant des manifestations devaient, je le cite, «  se rapprocher des autorités pour se signaler, pour être protégés également par les forces de l’ordre, pour pouvoir être distingués et rendre compte de son travail de journaliste dans ces manifestations ». 

A peu près chaque mot dans cette déclaration marque une rupture absolue avec les pratiques journalistiques en vigueur dans notre pays. Contrairement à ce qui peut se passer ailleurs, je ne sais pas moi à Cuba ou en Hongrie - vous choisirez la destination de vos rêves - jamais un journaliste ne se signale aux autorités dans une manifestation, il n’a pas à être protégé par les forces de l’ordre, et il rend compte de son travail éventuellement à la chefferie, mais toujours pas aux forces de l’ordre. Je pourrais ironiser plus en avant sur cette déclaration si le ministre de l’intérieur ne s’était pas rétracté un peu plus tard, expliquant que l’accréditation des journalistes auprès des autorités n’était pas obligatoire. Une vraie bonne nouvelle. Notre profession pourra rendre compte des manifestations se déroulant sur la voie publique sans être « embedded » autrement dit sans utiliser les mêmes pratiques que celles qui peuvent prévaloir en Syrie ou en Irak. Alors évidemment tout le monde, y compris le ministre de l’intérieur, a le droit de se tromper. Je me demande toutefois où il a pu trouver une telle représentation du métier de journaliste en dehors de quelques pays où les libertés fondamentales sont menacées. Car c’est bien cela le problème, lorsque l’on considère que la démocratie ne tourne pas rond par excès de démocratie, ou bien qu’une liberté, celle des journalistes, nuit aux libertés. Des médias qui se rapprochent des autorités, c’est comme son nom l’indique, ce qui existe dans les sociétés autoritaires.  

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L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Mydia Portis-Guérin
Réalisation