Hans Niemann à Varsovie en décembre 2021 ©AFP - Quentin Bassetti / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Hans Niemann à Varsovie en décembre 2021 ©AFP - Quentin Bassetti / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Hans Niemann à Varsovie en décembre 2021 ©AFP - Quentin Bassetti / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Résumé

C’est l’histoire d’un jeune prodige des échecs, un maître de 19 ans, Hans Niemann, 43e joueur mondial. Bon joueur donc, mais pas meilleur joueur.

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Hans Niemann a eu le dessus sur la légende Magnus Carlsen. Pour ceux qui ne connaissent pas les échecs, Magnus Carlsen c’est 2882 points Elo en 2014 – pour vous donner un point de comparaison Kasparov était à 2851 points Elo en 1999. Carlsen c’est un coureur de fond, il n’est pas étincelant en ouverture mais il est constant sur la partie, il prend son temps, bouge les pièces et attend.

C’est pourtant ce Carlsen qui a été battu par le très jeune Niemann, un résultat absolument inattendu puisque Carlsen l’avait assommé en août dernier. Le 4 septembre 2022, c’est la revanche, Carlsen a les blancs donc il ouvre, une configuration avantageuse puisqu’elle lui a permis depuis deux ans d’être invaincu, lorsqu’il jouait avec les blancs. Et là, surprise, il perd, Niemann l’emporte provoquant la colère du champion du monde, qui quitte le tournoi dès le lendemain.

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15 min

Il n’en faut pas plus pour que la planète échecs s'affole comme le raconte Libération, que les soupçons de triche s’abattent sur Hans Niemann. L’idée est simple raconte Libé : un programme informatique Stockfish peut aujourd’hui battre le premier joueur mondial. Niemann aurait-il été guidé, par exemple, par le biais d'une perle annale connectée, dispositif qui ne peut pas être détecté aisément ?

Alors coupable ou pas ? Impossible de le savoir à ce stade, ce qui est sûr c’est que la triche est devenue un sport mondial. Les échecs ont rejoint le foot, le rugby, le cyclisme. Dans la quasi-totalité des activités humaines, on triche. Il faudra comprendre pourquoi la triche est devenue un sport mondial, entre les vélos électriques déguisés en vélo normal et les perles annales vibrantes, où sont les joueurs honnêtes ?

C’est le signe le plus sûr que nous sommes passés d’une civilisation de la culpabilité à une civilisation de la honte. Plus personne ne se sent coupable de tricher, c’est désormais une stratégie, pas pire qu’une autre – la culpabilité n’est plus là, mais la honte de perdre, elle, est omniprésente. Voilà pourquoi tous les coups sont permis, pas seulement le roque ou le coup du berger mais aussi le coup du tricheur.

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Guillaume Erner
Guillaume Erner