Nadjia Bouzeghrane et Salim Bachi : "En Algérie le mur de la peur est tombé"

Manifestation de jeunes à Oran en Algérie, février 2019
Manifestation de jeunes à Oran en Algérie, février 2019 ©AFP - STRINGER
Manifestation de jeunes à Oran en Algérie, février 2019 ©AFP - STRINGER
Manifestation de jeunes à Oran en Algérie, février 2019 ©AFP - STRINGER
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Assiste-t-on à un « Printemps algérien » ? avec Nadjia Bouzeghrane, fondatrice du quotidien francophone "El Watan" et directrice de son bureau parisien et l’écrivain Salim Bachi.

Avec
  • Salim Bachi écrivain
  • Nadjia Bouzeghrane fondatrice du quotidien El Watan et directrice du bureau parisien

Hier, des dizaines de milliers d’Algériens ont de nouveau manifesté dans les rues de plusieurs villes d’Algérie, dans le calme. C’est la quatrième manifestation depuis le 22 février, conséquence de l’annonce par le FLN de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat pour la présidentielle du 18 avril prochain. Le président algérien dont c’est aujourd'hui le 82e anniversaire, et qui se trouve dans un hôpital à Genève. 

Comment analyser à chaud ce qui se passe actuellement en Algérie? Faut-il craindre une répression du régime, une manipulation des islamistes? Quelles sont les revendications des manifestants, pour la plupart jeunes, qui n'ont donc pas connu le mouvement d'octobre 2008 ou la Décennie noire qui a fait 150 000 morts, qui n'a donc plus peur de descendre dans la rue? L'Algérie "se réveille", et "le mur de la peur est tombé", voilà ce qu'on entend pour le moment. Pour combine de temps et que faut-il espérer de ce mouvement dont l'ampleur est sans égale depuis vingt ans?

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Nadjia Bouzeghrane:

Les femmes ont beaucoup souffert de la tragédie des années 90. Elles ont tout à gagner avec l'avènement d'une société démocratique. Tout comme la jeunesse qui réclame une société dans laquelle puissent s'exprimer son génie, sa créativité, elle qui a été bridée pendant 20 ans. 

Salim Bachi

L'Algérie est un pays de jeunes dirigé par des vieux. 

Les gouvernants sont à nu en ce moment. Ils ont méprisé la population au point de vouloir présenter une personne quasi morte pour un cinquième mandat en toute impunité, croyant pouvoir continuer à berner les gens. Ces manifestations montrent qu'ils se sont un peu surestimés.

Le choix musical de Nadjia Bouzeghrane : Lettre à Djamila Bouhired de Fairouz. 

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