L'économiste du travail et directeur de recherche au CNRS Philippe Askenazy.
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L'économiste du travail et directeur de recherche au CNRS Philippe Askenazy. - PA
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Résumé

Après la requalification en « contrat de travail » du lien unissant les chauffeurs Uber à leur employé, et alors que la communauté universitaire se mobilise contre le futur projet de loi sur la recherche, l’économiste du travail et directeur de recherche au CNRS Philippe Askenazy.

avec :

Philippe Askenazy (économiste du travail et directeur de recherches au CNRS Centre Maurice Halbwachs, professeur à l’ENS).

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Dans un arrêt de la Cour de Cassation rendu mercredi, la Cour de Cassation a requalifié en "contrat de travail" la relation entre Uber, le géant américain des Voitures de transport avec chauffeur (VTC) et l'un de ses anciens employés considérés jusque-là comme indépendant. C'est pour comprendre l'impact de cette décision, et alors que les universitaires se sont mobilisés jeudi contre le futur projet de loi sur la recherche craignant une précarisation de leurs conditions de travail, que nous avons fait appel à l'économiste du travail, chercheur au CNRS, auteur de Partager les richesses chez Odile Jacob, dans lequel on retrouve plusieurs chapitres portant sur les mutations du travail, dont les plates-formes. 

C'est embêtant pour Uber et pour d'autres plates-formes de prestations de service, car c'est l'ensemble du business qui doit être revu. Mais cela ne signe pas du tout la mort des VTC. (...) Il y a une nécessité de garantir une sécurité et une qualité qui oblige à avoir une vraie forme de subordination. Sans même la moindre décision juridique, les acteurs auraient été obligés de se transformer en entreprise, avec essentiellement du salariat. 

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Entre liberté et protection il y a des progrès à faire, mais pourquoi uniquement les travailleurs des plates-formes, et pas l'ensemble des indépendants ? Il existe beaucoup d'auto-entrepreneurs qui font des travaux de peinture ou de jardinage sans nécessairement passer par là. Cette concentration des débats sur la question des plates-formes est une erreur. 

C'est important d'avoir confiance dans la science et dans le monde de la recherche. Or, une exacerbation de la compétition entre chercheurs, surtout lorsqu'on vit dans une situation précaire où, pour obtenir un poste stable, il faut sans cesse montrer que l'on est performant, risque d'entraîner de mauvais comportements, de l'ordre du plagiat ou de la falsification des résultats, qui mineraient la confiance dans la science. 

Pour aller plus loin : 

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Virginie Le Duault
Collaboration
Roxane Poulain
Collaboration