L'écrivain et Académicien Dany Laferrière.  ©AFP - Joël Saget
L'écrivain et Académicien Dany Laferrière. ©AFP - Joël Saget
L'écrivain et Académicien Dany Laferrière. ©AFP - Joël Saget
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Résumé

Alors que la vague d'indignation suscitée par l'assassinat de George Floyd s'étend à travers le monde, entretien avec l’écrivain et Académicien Dany Laferrière, qui fait paraître deux ouvrages, "L'Exil vaut le voyage" (Grasset) et "Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo" (Mémoire d'encrier).

avec :

Dany Laferrière (Ecrivain).

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Académicien et écrivain, Dany Laferrière a fait paraître ces dernières semaines deux ouvrages. Le premier, paru aux éditions Grasset, est un roman illustré, écrit et dessiné de sa main, intitulé L'Exil vaut le voyage. Le second, Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo, publié en 2015 au Canada, vient tout juste de sortir en France aux éditions Mémoire d'encrier.

Le policier blanc et le jeune noir aux Etats-Unis, c'est le face à face final et fatal entre deux adversaires, nourri par l'histoire américaine dont la source est l'esclavage. Le policier qui rencontre des noirs est presque en territoire de guerre. Il est là pour réprimer, pour faire comprendre à ces jeunes noirs insolents, irrespectueux ou turbulents, qu'ils ne doivent pas toucher à la machine américaine de progrès et d'économie. 

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Qu'est ce qu'un attroupement aux Etats-Unis ? C'est une quinzaine de noirs réunis. Qu'est ce qu'une ville aux Etats-Unis ? Ce sont des milliers de blancs réunis. Un attroupement de blancs, cela s'appelle une ville. Quinze noirs réunis, c'est un attroupement qui pourrait remettre en cause le système.  

Le clé du problème se trouve dans la grande classe moyenne américaine qui croit qu'elle n'est pas raciste, car elle ne commet pas d'actes racistes. Cette classe pense que le racisme ne la concerne pas, que c'est un problème marginal, alors qu'il traverse toute la colonne vertébrale américaine.

Dans mon livre, je parle autant de Victor Hugo que d'Ovide pour montrer qu'un noir peut parler de tout, qu'il observe tout  : quand je parle d'Edward Hopper, je ne parle pas du raciste blanc mais du grand peintre de la solitude de New-York (...) Quand je parle de James Baldwin, je ne parle pas uniquement de la question du racisme mais de l'un des plus grands stylistes des années 60 aux Etats-Unis et d'un des hommes les plus intelligents, et donc des plus plus tristes, de sa génération.

Le choix musical de Dany Laferrière ♪♫  

  • Ne me quitte pas - Nina Simone chante Jacques Brel

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34 min
Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Assia Khalid
Réalisation
Roxane Poulain
Collaboration
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée