Accueil des migrants, loi antiterroriste : le Défenseur des droits passe à l’offensive (2ème partie)

Portrait de Jacques Toubon, Défenseur des droits
Portrait de Jacques Toubon, Défenseur des droits  ©AFP - MARTIN BUREAU
Portrait de Jacques Toubon, Défenseur des droits ©AFP - MARTIN BUREAU
Portrait de Jacques Toubon, Défenseur des droits ©AFP - MARTIN BUREAU
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Ce matin, Guillaume Erner reçoit le Défenseur des droits, Jacques Toubon.

Avec

Retrouvez la première partie de l'émission ici.

Croyez-vous à la notion d’ « appel d’air » ?

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La thèse de l’appel d’air est la thèse qui appuie toutes les politiques de restriction d’immigration. L’idée consiste à dire que s’il y a trop de prestations, par exemple en matière de santé et d’hébergement, il va y avoir un afflux. Aucune étude, nulle part, n’a démontré que l’appel d’air existe.

Nous sommes dans une situation où l’on considère qu’il faut mettre des obstacles à l’immigration. On dit qu’il faut traiter les migrants de manière non-humaine. C’est ce qu’on appelle la maîtrise des flux migratoires. La maîtrise des flux migratoires est une politique qui constitue le problème et ne le résout pas. Il faut ouvrir les voies légales de l’immigration. Les réfugiés représentent 0,25% de la population de l’ensemble l’Europe, et 0,5% de la population de l’Europe de l’Ouest. Est-ce que véritablement, aujourd’hui, l’Europe n’est pas capable d’intégrer ces 0,5% ? Jacques Toubon

A ECOUTER: Comment démystifier l’immigration ?

Une autre question importante est la normalisation de l’état d’urgence par l’introduction dans le droit d’éléments prévus pour une situation exceptionnelle. Quel est votre point de vue là-dessus ?

Il est clair que l’état d’urgence est un état exceptionnel et temporaire. Mais quand on dit qu’on sort de l’état d’urgence, on dit quelque chose qui est faux. En réalité on transfère dans le droit permanent ce qui était dans l’état d’urgence. Ce qui était temporaire devient définitif, ce qui était exceptionnel devient la règle. Nous risquons d’entrer dans l’ère des suspects. La préconisation du Défenseur des droits, c’est de dire qu’on ne peut pas déplacer à l’infini le curseur entre la sécurité et la liberté au profit de la sécurité et au détriment de la liberté. Il y aura un jour où on ne pourra plus le supporter parce que nous serons complètement dans le règne de l’arbitraire.

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