Les français ont-il raison d’avoir peur du "grand méchant marché" ? (2ème partie)

Des notaires manifestent contre la loi Macron qui prévoit de déréglementer la profession - Rennes, janvier 2015
Des notaires manifestent contre la loi Macron qui prévoit de déréglementer la profession - Rennes, janvier 2015 ©AFP - CITIZENSIDE / EMMANUEL BROSSIER
Des notaires manifestent contre la loi Macron qui prévoit de déréglementer la profession - Rennes, janvier 2015 ©AFP - CITIZENSIDE / EMMANUEL BROSSIER
Des notaires manifestent contre la loi Macron qui prévoit de déréglementer la profession - Rennes, janvier 2015 ©AFP - CITIZENSIDE / EMMANUEL BROSSIER
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C’est un constat récurrent : il existerait une réticence française spécifique devant la concurrence et les mécanismes de marché.

Avec
  • David Spector économiste, chercheur au CNRS, professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris, auteur de « La gauche, la droite et le marché » ed. Odile Jacob, 2017.
  • Aurélie Trouvé députée de Seine-Saint-Denis pour La France insoumise, économiste et ancienne porte-parole d’Attac

Ce qu’affirme David Spector, c’est qu’elle n’est ni ne droite ni de gauche, et n’est pas liée à une haine des riches, de l’argent ou des entreprises, ni à un penchant étatiste.

David Spector « Dans la réalité, les discours hostiles au marché peuvent être mobilisés par la droite à des fins qui n’ont rien à voir avec un quelconque idéal égalitaire. Prenons les débats sur la dérégulation de la profession de notaire dans le cadre de la loi Macron, les notaires, soutenus par certains parlementaires de droite comme F. Fillon expliquaient qu’il ne fallait surtout pas aller dans le sens d’une marchandisation du droit. (…) Ce slogan voyait converger une sorte d’antilibéralisme de droite, qui était un antilibéralisme d’intérêts, plutôt indifférent en réalité à cette question de la marchandisation. (…) La critique de la loi Macron par la gauche, exprimée par exemple par C. Taubira, alors ministre de la justice reprenait exactement les mêmes thèmes en disant qu’il ne fallait surtout pas soumettre cette noble profession juridique à un prisme vulgairement économique. »

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Mais alors, quelles sont les ressorts de cette méfiance à l’égard des mécanismes de marché qui imprègne la culture économique française, et pas uniquement la gauche? Quelles en sont les conséquences? D’où provient-elle?

Nous recevons ce matin l’économiste David Spector, auteur de La gauche, la droite et le marché, paru chez Odile Jacob en mars, rejoint en deuxième partie d’émission par Aurélie Trouvé, économiste et porte-parole d’Attac.

Retrouvez la première partie ici.

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