Tube à essais contenant de l'œuf au laboratoire chimique et vétérinaire de l'Office d'investigation de Krefeld, Allemagne, 7 août 2017.
Tube à essais contenant de l'œuf au laboratoire chimique et vétérinaire de l'Office d'investigation de Krefeld, Allemagne, 7 août 2017. ©AFP - Marcel Kusch / DPA
Tube à essais contenant de l'œuf au laboratoire chimique et vétérinaire de l'Office d'investigation de Krefeld, Allemagne, 7 août 2017. ©AFP - Marcel Kusch / DPA
Tube à essais contenant de l'œuf au laboratoire chimique et vétérinaire de l'Office d'investigation de Krefeld, Allemagne, 7 août 2017. ©AFP - Marcel Kusch / DPA
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Début août éclatait aux Pays-Bas le scandale d’œufs contaminés au fipronil, un insecticide interdit en Europe sur les animaux destinés à la consommation.

Avec
  • Martin Pigeon porte-parole de Corporate Europe Observatory.
  • Bruno Parmentier Ingénieur et économiste, ancien directeur de l’Ecole d’agronomie d’Angers, consultant spécialisé dans les questions agricoles et alimentaires

L'histoire commence avec une start-up néerlandaise "Chickfriend" qui commercialise un produit miracle capable d'éliminer les poux rouges dont sont victimes les poules pondeuses. Cette entreprise s'était fournie auprès d'une entreprise belge, elle-même approvisionnée par une société roumaine. Au début du mois de juin dernier, des résidus de fipronil sont détectés dans des millions d’œufs néerlandais. Il s'ensuit des abattages de poules, des retraits d’œufs et de plats préparés à base d'ovoproduits des rayons. Ce scandale touche les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne mais aussi la Suisse, la Suède et la France.

Le fipronil est considéré par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) comme "modérément toxique" pour l'Homme. Il est d'ailleurs utilisé comme antiparasitaire pour les animaux domestiques. Dans le rapport d'évaluation des risques liés à la consommation d’œufs contaminés, publié par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) vendredi 11 août, celui-ci confirme le faible risque d'effets sanitaires ultérieurs. Un adulte devrait consommer une dizaine d’œufs contaminés par jour pour potentiellement ressentir des effets néfastes.

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Ce scandale ne serait donc pas alimentaire mais frauduleux, dans la mesure où il y a eu tromperie sur le produit vendu aux éleveurs qui ne s'est pas accompagné d'intoxication alimentaire.

Dès lors, plusieurs questions se posent. Y a-t-il un dysfonctionnement dans le système de contrôle sanitaire européen ? Depuis combien de temps le fipronil est présent dans les insecticides utilisés par les éleveurs ? Les industries agroalimentaires ont-elles leur part de responsabilité dans la divulgation tardive de cette fraude ?

Pour répondre à ces questions nous recevons Bruno Parmentier, consultant et conférencier en agriculture et en alimentation ; et Martin Pigeon, militant chercheur au CEO (Corporate Europe Observatory) sur les thèmes de l'agrobusiness et de l'influence du lobbying agroalimentaire au niveau européen.

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