Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016
Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016
Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016 ©AFP - Jawad al Rifai
Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016 ©AFP - Jawad al Rifai
Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016Des habitants du quartier Al Moyaser fuient les bombardements du régime, à Alep, le 29 novembre 2016 ©AFP - Jawad al Rifai
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Résumé

Les forces loyalistes syriennes ont pris lundi 28 novembre la totalité du nord-est d’Alep. Cette avancée marque-t-elle le début de la chute de la cité d’Abraham ?

avec :

Jean-Pierre Filiu (professeur des universités en histoire à Sciences Po (Paris). Il anime sur le site du quotidien "Le Monde" le blog "Un si proche Orient".), Mario Bettati (professeur émérite de droit international à l'université Paris-II).

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Alep est divisée en deux depuis 2012, entre fief pro-gouvernemental à l’ouest et quartiers rebelles à l’est, séparés par une ligne de démarcation qui traverse la vieille ville. Capitale économique de la Syrie, la cité d’Abraham est aussi la plus importante du pays en terme de population. Symbole de l’opposition syrienne, le siège dont elle fait l’objet depuis la mi-juillet par les forces d’Assad, appuyées par l’aviation russe, l’ont érigée en ville-martyre.

Légende: Bataille d'Alep, le 29 novembre 2016
Légende: Bataille d'Alep, le 29 novembre 2016
- Institute for the Study of War

Quel tournant marquerait l'éventuelle chute de l'est d'Alep aux mains du régime? Quelle est la part de responsabilité de la coalition dans cette possible défaite de la rébellion? Peut-on encore imaginer un dialogue diplomatique entre les différentes forces en présence ? Et pourquoi dans le contexte syrien n’a-t-on pas appliqué ce qui à la fin des années 80 s’appelait encore le « devoir d’ingérence » ?

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“Alep, c’est beaucoup plus qu’ Alep : c’est une grande crise de ce temps. Je le dis dans des termes graves. Je ne le dis pas depuis hier et jj’en suis convaincu. Aujourd’hui, je suis de plus en plus désespéré. La Syrie nous tend au fond son miroir. Nous sommes dans un monde où le négationnisme se porte de mieux en mieux. Il a trouvé à se repaître du malheur syrien et il se déchaine sur cette tragédie. On a inventé en Syrie, du fait des pesanteur de l’ONU, le crime sans criminel : on a pu dénoncer des horreurs comme le gazage chimique d’une partie de la population de Damas, mais le véto russe a interdit que l’on désigne le coupable : Bachar al Assad. Donc à partir du moment où vous avez des crimes sans criminel, toutes les théories du complot deviennent possibles. La grande force d’Assad, c’est qu’il a rendu son pays inaccessible à la presse. Nicolas Hénin, Didier François ont été détenus pour avoir fait leur travail de journaliste. Des dizaines de journalistes sont morts dans l’exercice de leur fonction. Alors que l’on peut prendre un vol et un visa et que l’on est reçu par Monsieur Bachar el Assad qui vous expliquera, en gros, que vous n’avez rien compris à rien et que, c’est sa formule préférée, il ne “peut pas bombarder sa population”. Plus le mensonge est gros, plus ça passe. Bachar el Assad dit exactement, mot pour mot, la même chose depuis le premier jour du soulèvement démocratique.” Jean-Pierre Filiu

Nous recevons ce matin Jean-Pierre Filiu, professeur en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences-Po Paris. Il vient de publier aux éditions Futuropolis le troisième tome de la bande-dessinée « Les Meilleurs ennemis », consacrée aux relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient.

Il sera rejoint à 8h20 par Mario Bettati, professeur de droit international à l’Université de Paris 2. Il publie «Le Droit de la guerre » aux éditions Odile Jacob.

Retrouvez ici la deuxième partie de l'émission

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Sébastien Petitot
Production déléguée