Un troisième confinement se profile alors que l'anxiété l'emporte chez une partie importante des Français.
Un troisième confinement se profile alors que l'anxiété l'emporte chez une partie importante des Français. ©Getty - RenatAphotographie
Un troisième confinement se profile alors que l'anxiété l'emporte chez une partie importante des Français. ©Getty - RenatAphotographie
Un troisième confinement se profile alors que l'anxiété l'emporte chez une partie importante des Français. ©Getty - RenatAphotographie
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Alors qu'un troisième confinement se profile et que l'anxiété, la lassitude ou le désespoir l'emportent chez nombre de Français, le chef du service psychiatrie de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne) Antoine Pelissolo.

Avec
  • Antoine Pelissolo Chef du service de psychiatrie de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne)

Jean Castex a pris la parole hier soir, pour expliquer que nous pouvions encore nous donner une chance d'éviter le confinement puisque, dit-il, un nouveau confinement serait très lourd pour les Français sur tous les plans, sur le plan psychologique notamment, même s'il ne l'a pas dit tel quel. Antoine Pelissolo est psychiatre, chef du service psychiatrie de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, dans le Val de Marne, spécialiste des troubles obsessionnels compulsifs et des troubles anxieux sévères.

_C_e qui est vraiment douloureux, et de plus en plus, c'est le caractère désespérant de la situation. Parce que quand on fait des efforts, on espère pouvoir sortir de l'épreuve. Pour nous, c'est un modèle très simple, quasiment expérimental de déclenchement de dépression. (...) Au-delà même de la mort directe, on craint les morts indirectes. Parce que le suicide, ça existe, et la souffrance psychique qui dure détruit des vies. Et je pense que les pouvoirs publics, lorsqu'ils annoncent des mauvaises nouvelles comme c'est le cas régulièrement, devraient avoir cela toujours en tête : il faut, d'une manière ou d'une autre, compenser par un accompagnement psychologique.

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_L_a santé mentale fait partie de la santé : on parle vraiment de santé globale. Aujourd'hui, il y a des choix qui sont basés évidemment sur le virus, l'épidémie. Mais il y a aussi des choix qui peuvent être guidés par les indicateurs de santé mentale et, parfois, de maladie mentale. Nous voyons des risques de dépression grave, de suicide, de psychose même, dans certains cas. Donc ne pas utiliser ce paramètre-là dans la décision, sans en faire évidemment le critère en soi,mais au moins dans l'analyse, c'est une perte, une perte d'information. C'est aussi, malheureusement, ce dont on est habitué en psychiatre, une forme de relégation.

Évidemment, on ne peut pas négliger l'intérêt des écrans, des téléconsultations et autres. Il aurait été encore plus dramatique de ne pas les avoir. Par contre, on en connaît aussi, aujourd'hui, les effets secondaires : la fatigue, et une forme de désincarnation, tout simplement. Ce n'est pas simple, mais cela fait partie des sujets d'orientation quasiment politique : comment on fait-on pour garder des proximités autorisées ? Je pense qu'on pourrait s'atteler à faire des regroupements de quatre à cinq personnes, qui appliqueraient les gestes barrières, une des priorités du moment.

Pour aller plus loin :

Le Choix musical d'Antoine Pelissolo :

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