L'anthropologue Frédéric Keck
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Résumé

Un an après le confinement de Wuhan, l'anthropologue, directeur du laboratoire d'anthropologie sociale au CNRS Frédéric Keck, auteur cette année de l'ouvrage Les sentinelles des pandémies, chasseurs de virus et observateurs d’oiseaux aux frontières de la Chine (éditions Zone libre).

avec :

Frédéric Keck (Anthropologue, directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale au CNRS).

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Il y a un an, le 23 janvier 2020, un confinement strict était décrété à Wuhan. Nous ne comprenions alors pas vraiment ce qu'il se passait, mais le signal envoyé signifiait que la situation était grave, même si c'était la Chine, lointaine en kilomètres et comme régime, et que la mesure prise nous semblait inimaginable. Un an plus tard, l'équipe de l'Organisation mondiale de la santé, arrivé sur place il y a plus d'une semaine, attend d'avoir terminé sa quarantaine obligatoire pour pouvoir travailler, enquêter sur les origines de ce virus qui a bouleversé le monde. Aujourd'hui aussi, les variants font des ravages et nous vivons en France avec la perspective d'un troisième confinement qui semble inéluctable.

Frédéric Keck est anthropologue, directeur du Laboratoire d'anthropologue sociale du CNRS, auteur notamment des Sentinelles des pandémies, chasseur de virus et observateur aux frontières de la Chine, publié en juin aux éditions Zone Sensible. Frédéric Keck a signé plus récemment Signaux d'alerte. Contagion virale, justice sociale, crises environnementales chez Desclée de Brouwer.  

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La pandémie de Covid-19 a été un signal d'alerte, qui résonne avec d'autres signaux d'alerte qui se produisent à des échelles temporelles différentes : il y a le réchauffement climatique, puisque c'est aussi un facteur de diffusion de nouvelles maladies, et, de ce point de vue, 2020 était l'année la plus chaude. Et en même temps, sur une temporalité plus courte, 2020 était aussi, à l'automne, le moment de attentats terroristes spectaculaires. Donc la pandémie joue un rôle intermédiaire entre ces signaux d'alerte très rapides, qui demandent une réaction en urgence, et ces signaux d'alerte qui demandent au contraire une préparation sur un temps beaucoup plus long.

Il est important de connaître l'origine du virus, dans le sens "origine", c'est-à-dire pas seulement l'endroit précis, mais "l'origine", dans ce que cela dit de notre monde, de la manière dont nous l'avons transformé. Chercher l'origine du virus, ce n'est pas seulement une façon de désigner un coupable. C'est d'abord une façon de se préparer à l'émergence de futurs virus. Et puis, plus profondément, c'est aussi renforcer ce que j'appelle le mythe de la pandémie, en un sens positif, c'est-à-dire faire un récit qui nous dit quelque chose, des transformations de notre environnement, de nos relations avec les autres espèces.

_C_ette pandémie est le résultat de quarante années de libéralisation de l'économie : augmentation du nombre d'animaux à des fins de consommation humaine, augmentation du nombre de voyages aériens... Cela devait se produire. Et si cette pandémie nous fait mesurer le coût de la liberté, c'est-à dire-des désastres et des événements imprévisibles qui ont ses effets sur l'humanité, elle nous en fait aussi mesurer le goût, c'est-à dire-ce que nous avons perdu. Et cela demande d'étudier d'assez près les relations sociales en temps de confinement, ce que, justement, le masque, la distanciation, la fermeture des frontières produisent dans les relations sociales.

Pour aller plus loin : 

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Références

L'équipe

Roxane Poulain
Collaboration
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée