L'anthropologue Michel Agier.
L'anthropologue Michel Agier. - James Startt
L'anthropologue Michel Agier. - James Startt
L'anthropologue Michel Agier. - James Startt
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L'anthropologue Michel Agier, directeur d’études à l’EHESS, s'interroge dans son dernier ouvrage, "Vivre avec des épouvantails Le monde, les corps, la peur" (éditions Premier Parallèle), sur l'impact de la pandémie Covid-19 à l'échelle planétaire et le retour des grandes peurs dans nos sociétés.

Avec
  • Michel Agier anthropologue, directeur d'études à l'Ecole des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) et chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

Anthropologue et ethnologue, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement, directeur d'études à l'EHESS, Michel Agier a beaucoup travaillé en Amérique latine, en Colombie, au Brésil ou encore en Afrique sur la question des frontières et des migrations. Le chercheur fait paraître aujourd'hui Vivre avec des épouvantails. Le monde, les corps, la peur (Premier Parallèle), ouvrage dans l'anthropologue explore l'idée selon laquelle nous devons désormais apprendre, en ce temps de pandémie, avec l'incertitude et la peur. 

On a pu penser à un moment que la dimension biologique de la vie pouvait dominer toutes les autres, et nous l'avons accepté. Aujourd'hui, les prises de parole reviennent et on se rend compte que tout peut se négocier, même la manière de participer à la protection collective. Il est tout à fait logique, dans un Etat démocratique, que toutes les mesures à caractère sécuritaire fassent l'objet de protestations, et de débats quand c'est possible.  

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Aujourd'hui, nous sommes dans un grand moment de peur, de peur diffuse, latente. Ce sont de peurs qui sont sans-doute là depuis longtemps et qui sont revenues. Elles disent la vulnérabilité de l'humain face au cosmos, qui est venue s'incarner dans ce virus, ce "non-être". Ce virus que l'on ne voit pas, dont on ressent seulement les effets et qui vient exprimer le mystère de la nature, du cosmos, ce mystère-là qui nous rend minimes et vulnérable. 

Nous sommes dans une situation, aujourd'hui, où la science ne rassure plus. On a longtemps soutenu que la science pouvait nous aider à nous moderniser, à vaincre les peurs. Aujourd'hui, nous voyons que le savoir a ses propres doutes. Cela peut ajouter encore plus de peur, et c'est qu'on voit bien, finalement, dans ce fatras qu'est le complotisme.  

Pour aller plus loin : 

Le Choix musical de Michel Agier ♪♫

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