L'écrivain Olivier Guez, prix Renaudot en 2017.
L'écrivain Olivier Guez, prix Renaudot en 2017.  ©AFP - Eric Feferberg
L'écrivain Olivier Guez, prix Renaudot en 2017. ©AFP - Eric Feferberg
L'écrivain Olivier Guez, prix Renaudot en 2017. ©AFP - Eric Feferberg
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Alors que l’Euro 2021 débute ce vendredi, l’écrivain Olivier Guez, prix Renaudot en 2017, auteur d’"Une passion absurde et dévorante. Ecrits sur le football" qui paraît aux éditions de l’Observatoire.

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"Écrire le football, c'est raconter l'histoire d'un pays et d'une ville, c'est explorer la mémoire et l'imaginaire collectif, la culture populaire d'une nation. Qui veut aujourd'hui saisir les méandres du turbo-capitalisme, les évolutions ethniques, démographiques, les changements de moeurs et de valeurs d'une société et ses peurs, ses espoirs et ses métamorphoses, qui veut comprendre les rapports de force, le cours de la planète mondialisée doit scruter le football du XXIe siècle, spectacle total et populaire pratiqué par des centaines de millions d'amateurs, suivi en continu par la moitié de l'humanité, transporté par-delà les frontières et générant chaque année des milliards d'euros de revenus", peut-on livre Une passion absurde et dévorante. Ecrits sur le football, que fait paraître l'écrivain Olivier Guez aux éditions de l'Observatoire. Prix Renaudot en 2017 dans La disparition de Josef Mengele , l'écrivain est notre invité ce matin. 

Si je parle d'une passion "absurde", c'est parce que je trouve absurde qu'un jeu aussi simplissime, dont les règles peuvent être comprises par un enfant de 2 ou 3 ans, soit devenu le sport universel, et un enjeu à la fois économique, financier, médiatique, politique, géopolitique. L'autre dimension absurde, qu'il m'est arrivé de connaître moi-même, c'est cet état de transe étrange : des gens tout à fait posés, rationnels vont, tout d'un coup, être transformés le temps d'un match, vont être plongés dans des abîmes de tristesse pendant des jours et des semaines, ou alors vont exulter, être totalement exubérants. Il y a là-dedans quelque chose de fascinant, mais aussi d'absurde. 

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Le football s'est mondialisé il y a une trentaine d'années, tout comme l'économie. De ce point de vue, c'est intéressant de regarder de plus près le marché du football : les droits télévisuels, les écarts de richesse entre les joueurs riches et ceux qui le sont moins, entre les clubs, la façon dont ce gigantesque gâteau est réparti, dont des organisations internationales sont devenues quelquefois plus puissantes que des Etats. Tout cela est fascinant. Le football est une ouverture au monde : on peut comprendre, par exemple, l'équilibre d'une ville grâce au football. Dans la plupart des grandes villes, il y a toujours le club des bourgeois et le club des ouvriers. Donc pour comprendre l'histoire d'une nation, le football est une porte d'entrée merveilleuse. 

L'organisation de la Coupe du monde au Qatar est le symbole de tout ce qui ne fonctionne plus dans le football. C'est un pays qui n'a aucune tradition footballistique. Tout le monde a vu des chiffres aberrants sur le nombre de morts sur les chantiers, des esclaves venus d'Inde ou du Pakistan. C'est un scandale absolu. D'un point de vue écologique, ça va être une catastrophe. Il ne faut pas non plus oublier que, pour le Qatar, le football est la danseuse en vitrine qui permet d'oublier ce que le pays bricole politiquement  en arrière-boutique. Donc il n'y a aucune raison d'organiser cette Coupe du monde au Qatar et, d'une certaine manière, c'est moins passionnant, moins romantique. Sauf que, justement, c'est le nouvel ordre du monde et c'est pour cela que ça m'intéresse.

Pour aller plus loin : 

Le Choix musical d'Olivier Guez : 

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