La décroissance par-delà l'utopie et les clichés

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Le principe de décroissance suscite toujours de nombreuses réticences. Mais l'économiste Timothée Parrique défend vigoureusement cette option politique.

C’est un de ces économistes qui n’a peut-être pas bondi de joie à l’annonce des récentes prévisions de croissance à la hausse. Timothée Parrique, chercheur en économie écologique à l’université de Lund en Suède, est un chaud partisan de la décroissance.

Un mouvement mal compris, sujet à l’anathème. D’ailleurs, dire de Parrique qu’il se réjouirait de taux de croissance négatifs, c’est un peu de mauvaise foi : il ne se réjouit pas de la récession et précise toute la différence entre cette dernière et une décroissance planifiée et volontaire.

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Dans un nouvel ouvrage, Ralentir ou périr, Parrique s’emploie à définir la décroissance, et à répondre à ses critiques, selon lesquelles elle serait synonyme d’appauvrissement ou de frein à l’innovation.

Timothée Parrique livre tous les termes du débat autour de l’idée de décroissance et parvient à rendre cette proposition politique crédible. Mais tout un tas de questions se posent encore. Malgré un travail consacré à des pistes de transition, Parrique ne livre pas de programme vers un horizon post-croissant. Quel système cohérent permettrait d’envisager la mise en œuvre concrète de la décroissance ? Quel sera le rôle de l’Etat dans une planification de telle ampleur ? Et surtout, comment d’ici là convaincre les millions de travailleurs embrigadés dans les secteurs productifs polluants ?

Croissance en hausse : une bonne nouvelle ?

On a une très forte corrélation entre croissance économique et dégradation des environnements naturels. Donc quand j'entends croissance, je m'inquiète pour les rivières, les forêts... Et quand on regarde les liens entre croissance et pauvreté, croissance et lutte contre les inégalités, croissance et qualité de l'emploi, croissance et bien-être tout simplement, eh bien en France, on a plus vraiment de corrélation.

Décroissance et innovation

La décroissance c'est pas un retour en arrière. L'innovation c'est notre capacité à résoudre des problèmes. Et là il y a une réduction 'techno-solutionniste', c'est à dire se dire que tous nos problèmes sont forcément résolus par une technologie. Hors une innovation ça peut aussi être social. Une culture de réciprocité, un protocole de sobriété, c'est une innovation. On peut avoir des innovations qui peuvent nous permettre de résoudre nos problèmes à la source. On peut raser tous les arbres d'une ville et demander à des inventeurs de nouveaux climatiseurs. Où alors demander à des gens qui travaillent en écologie : comment on végétalise les villes, pour ne pas avoir besoin de climatiseurs ?

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