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Dans "La Treizième Heure" (prix Médicis 2022), Emmanuelle Bayamack-Tam raconte l'histoire d'une famille marquée par l'intersexuation et la transidentité, mais évoque également des formes de marginalité choisie. Un roman sur la poésie, la transgression, et la passion amoureuse.

Deux mois après son passage dans nos locaux, Emmanuelle Bayamack-Tam est récompensée par un grand prix littéraire pour ce même ouvrage (La Treizième Heure) : le prix Médicis 2022.

Avec Emmanuelle Bayamack-Tam, auteure de La Treizième Heure (POL, 2022), un roman multi-voix, multi-genre, multiforme, qui parle de la famille, de genre, d'identité, de la puissance et des malheurs de la beauté physique…

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La famille : "De nouvelles configurations familiales s'inventent"

Emmanuelle Bayamack-Tam interroge le concept de la famille. Qu'est-ce qui relie des individus entre eux ? Ses héros ne sont pas tant liés par le sang que par une histoire commune. "De nouvelles configurations familiales s'inventent à travers le monde. Il y a des familles mono-parentales, recomposées, homoparentales... On a tort de fétichiser le lien biologique et génétique. On ferait bien de s'inspirer de ce qui se passe pour rendre la famille nucléaire tradi moins coercitive, aliénante, et un peu moins toxique."

La beauté : "J'ai rarement croisé de gens dont la laideur était rédhibitoire"

Dans son roman, l'auteure parle de la beauté physique. C'est une question obsessionnelle chez certains de ses personnages. Qu'est-ce qui l'intéresse dans ce sujet ? "C'est vrai que j'ai plutôt tendance à avoir des personnages à la limite du monstrueux physiquement, soit d'une beauté sensationnelle. Et je me le reproche. La plupart des gens ne sont ni l'un ni l'autre, j'ai rarement croisé de gens dont la laideur était rédhibitoire ou dont la beauté était époustouflante.. la plupart du temps… on est plutôt pas mal quoi… Et rien n'est fait dans la société me semble-t-il pour faire avec ses menus défauts…"

D'un genre transgenre : "Le roman est infiniment plastique"

"Le roman est un genre transgenre." Que veut dire cette expression utilisée par l'auteure ? "J'ai la prétention d'écrire des romans poétiques et donc de ne pas être tout à fait dans le romanesque et pas dans la poésie pure. En tout cas, le roman est infiniment plastique, et malléable, et transgenre par définition. Il peut englober l'épopée, le théâtre, le poème…"