Les nouveaux rebelles sont-ils de droite ? 

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. ©AFP - Sameer Al-DOUMY
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La droite est-elle devenue le camp de la rébellion ? La question pourrait prêter à sourire, tant cette famille politique est traditionnellement celle de la conservation et de l'ordre établi. Pourtant, dans cette famille politique, on se veut maintenant le pôle de l'irrévérence.

Avec
  • Charles Consigny Ecrivain, juriste
  • Aziliz  Le Corre journaliste au Figaro
  • Pablo Stefanoni  journaliste, historien auteur de La Rébellion est-elle passée à droite ? (La Découverte, 2022)

C’est une tendance dont il est difficile de cerner les contours, qui a peut-être plus à voir avec la culture qu’avec la chose politique. Mais elle suscite des questions, et preuve en est, le journaliste de gauche Pablo Stefanoni se la pose dans un livre intitulé “La Rébellion est-elle de droite ?”

Aujourd’hui à droite, on se veut à contre-courant, en opposition à une “bien pensance” qui aurait contaminé la sphère médiatique. On ne manque plus de défendre un droit au rire, un droit à l’offense, qui serait menacée par une gauche moralisatrice et austère. Alors la droite, camp classiquement attaché à la conservation du statu quo et à la préservation de l’ordre, est-elle devenue rebelle ? Ou ce discours est-il tout à fait opportuniste ?

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Un phénomène qui n'est pas que français

Ça n'est pas qu'en France que la droite se présente comme "rebelle". Pablo Stefanoni explique : "La droite et l'extrême-droite essaient de jouer sur le lexique politique. "L'élite" serait "de gauche" et la rébellion serait maintenant du côté des néo-réactionnaires. La droite joue aussi avec le fait que le capitalisme mondialisé s'approprie parfois des thèmes progressistes. Et avec le fait que la gauche peut-être, paraît moins radicale qu'à une époque."

Un sujet culturel

La remise du Prix Nobel à Annie Ernaux a suscité des colères à droite. L'auteure serait trop à gauche. Aziliz Le Corre refuse les divisions dans le champs culturel. Pour elle, on peut être de droite et lire des auteurs de gauche. Mais elle précise, que selon elle, "c'est la gauche qui a eu tendance à idéologiser un peu tous les aspects de la vie, et notamment la vie culturelle. Quand Ernaux reçoit son prix, elle s'oriente tout de suite vers un discours ultra-politique." Elle continue : "Je trouve dommage qu'on prenne des auteurs comme chefs de file de mouvements politiques, Ernaux pour la gauche, Houellebecq pour la droite."

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