En Bolivie, la police bloque une route pendant une manifestation de fermiers Tipnis (2011)
En Bolivie, la police bloque une route pendant une manifestation de fermiers Tipnis (2011)
En Bolivie, la police bloque une route pendant une manifestation de fermiers Tipnis (2011) ©AFP - AIZAR RALDES
En Bolivie, la police bloque une route pendant une manifestation de fermiers Tipnis (2011) ©AFP - AIZAR RALDES
En Bolivie, la police bloque une route pendant une manifestation de fermiers Tipnis (2011) ©AFP - AIZAR RALDES
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Résumé

Benoît Bouscarel reçoit Leslie Cloud, juriste spécialisée en droit des peuples autochtones, membre du réseau JUSTIP, (justice et peuples autochtones) et Aylin Sahin, chargée de plaidoyer à l’ONG Survival International, pour parler des conditions de vie des peuples autochtones d'Amazonie.

avec :

Aylin Sahin (chargée de plaidoyer à l’ONG Survival International), Leslie Cloud (juriste EHESS, spécialiste Rapa Nui).

En savoir plus

La Journée internationale des peuples autochtones”(chaque année le 9 août) arrive cette fois-ci dans un contexte particulièrement difficile pour l’Amazonie et pour ses habitants. La mort violente, il y a deux semaines dans le nord du Brésil du chef indigène Emyra Wayapi a une nouvelle fois illustré la menace, ou les menaces, qui pèsent sur les communautés indigènes.

On estime qu’elles représentent au Brésil entre 800.000 et 900.000 personnes, réparties dans 300 tribus et, au total, quelques 3 millions de personnes en Amazonie, menacées tout à la fois par la pression foncière liée à l’agriculture ou à l’exploitation du bois, par l’orpaillage illégal ou par la recherche et l’exploitation minière.
Depuis janvier, et l’intronisation du président brésilien Jair Bolsonaro, les menaces sont également d’ordre juridique puisque différents projets de restriction des droits des autochtones ont été lancés, dans un contexte politique qui s’avère très favorable aux lobbys de l’agro-business.

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Mais la France est aussi un état Amazonien, limitrophe du Brésil, par la Guyane, et elle n'a pas encore vraiment abandonné explicitement son projet “montagne d’or” qui menace aussi les fragiles équilibres naturels.

Alors quelle place pour les autochtones chez eux ? 

Un peuple non contacté est un peuple qui n’a pas de contacts pacifiques avec la société dominante. Peut-être qu’ils ont eu des contacts par le passé, mais souvent les génocides dans leur mémoire collective : maintenant pour eux contact signifie génocide. Aylin Sahin

Des lois et des conventions internationales protègent les droits collectifs des peuples autochtones, mais en pratique les gouvernements et les multinationales ont le pouvoir et les intérêts économiques priment. Aylin Sahin

Entre 2004 et 2014 il y a eu une baisse de la déforestation. Depuis le début du mandat de Bolsonaro, on a eu une extension de la déforestation, qui est permise (on ferme les yeux dessus), et entre juillet 2018 et juillet 2019 il y a eu une hausse de 278% de la déforestation. Leslie Cloud

La France a reconnu des droits d’usage aux populations autochtones qui tiraient « leurs moyens de subsistance des forêts ». Mais ce sont des droits d’usage collectifs, qui ne constituent pas des droits de propriétés. Viennent également s’y superposer les dispositifs relatifs au droit de l’environnement, les normes relatives aux aires protégés, le droit de l’urbanisme, …  Leslie Cloud

En Amérique Latine, il y a eu une mobilisation générale des populations autochtones pour que leurs revendications et leurs droits soient incorporés dans les nouvelles constitutions qui sont adoptées après les dictatures, qui a eu un certain succès. D’un point de vue juridique, la position de la France est choquante quand les peuples autochtones de Guyane se comparent avec les autres peuples autochtones. Leslie Cloud

Pendant le processus de transition à la démocratie il y a eu le boom de l’économie néolibérale en Amérique Latine, avec l’exploitation des ressources naturelles, qui provoque des conflits avec les droits des populations autochtones. Leslie Cloud

Il y a une criminalisation des défenseurs de l’environnement, donc de ces populations autochtones et une absence de justice contre les personnes qui les attaquent. Souvent, ces peuples autochtones sont considérés comme des terroristes. Aylin Sahin 

Références

L'équipe

Charles Thibout
Production déléguée
Jean-Christophe Brianchon
Production déléguée
Henri Le Blanc
Collaboration
Gwendoline Troyano
Collaboration
Sophie Cachera
Collaboration
Lise Côme
Réalisation