Un visiteur du musée Courbet devant "le Rappel des glaneuses" (1859) de Jules Breton. ©AFP - Patrick HERTZOG
Un visiteur du musée Courbet devant "le Rappel des glaneuses" (1859) de Jules Breton. ©AFP - Patrick HERTZOG
Un visiteur du musée Courbet devant "le Rappel des glaneuses" (1859) de Jules Breton. ©AFP - Patrick HERTZOG
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Résumé

Pour son exposition temporaire, le musée Courbet revient sur la représentation artistique des paysans au XIXe siècle. Plus de 80 œuvres inédites à contempler jusqu'au 16 octobre à Ornans (Doubs).

avec :

Pierre Cornu (historien de la ruralité), Benjamin Foudral (Conservateur et directeur du musée Gustave Courbet, pôle Courbet).

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Peindre le monde paysan du XIXe siècle

Le commissaire de l’exposition et directeur du musée Courbet Benjamin Foudral explique l’intérêt des artistes pour la paysannerie dans la seconde moitié du XIXe siècle. "Ici, nous proposons une exposition thématique à travers laquelle Gustave Courbet a eu un rôle majeur en tant que rénovateur des codes de la représentation. C’est ce jeune peintre, avec cette posture nouvelle, ce peintre issu de la ruralité, qui avec d’autres de cette génération réaliste, comme Jean-François Millet, vont proposer à partir de 1848 de nouveaux sujets, notamment cette figure du paysan, ce monde rural contemporain qui va remplacer les déesses et dieux anciens et les héros et héroïnes de la mythologie pour devenir finalement ces nouveaux héros des temps nouveaux."

La paysannerie, structure fondamentale de la société d'alors

Pour l’historien Pierre Cornu, la période qui succède à la révolution de 1848 et l'instauration du suffrage universel masculin bouleverse la société, en donnant un nouveau rôle au monde rural "le monde rural bouge. Il rentre dans la dynamique de la période contemporaine. Et c’est ce qui va frapper les artistes, les intellectuels comme Gustave Courbet qui se disent qu’il se joue quelque chose. 1848, c’est un moment révélateur. Il y a quelque chose à comprendre qui fait que l’art va chercher à s’emparer de cette question sociale et à la mettre en figuration."

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Mais au-delà des artistes, les représentations de la paysannerie sont traversées par des usages politiques. Pour l’historien, "les dirigeants politiques se saisissent de ces représentations, jouent avec, cherchent à les retourner. Dans une époque qui est passionnée par la question agraire, par la question du devenir de la paysannerie. La grande question du XIXᵉ siècle, c’est comment on crée une société démocratique quand les quatre cinquièmes de la société sont rurales et essentiellement dévolues au travail de la terre. Qu’est-ce qu’un ordre social fondé sur cette majorité-là ?"

La ruralité reste une question contemporaine

Pour Benjamin Foudral, l'exposition résonne avec le monde contemporain. "Ce qui est assez frappant, c’est que les choses, pour certaines, n’ont pas changé. Au XIXᵉ siècle se met en place un discours et des problématiques qui ont encore cours aujourd’hui, notamment sur la place de l’homme dans la nature, le rapport aux animaux. Tout comme ce regard que porte la société actuelle, et les élites plutôt urbaines et citadines sur le travail agricole. On voit encore une frontière assez difficile entre ce peuple des villes et ce peuple des champs qui est encore fortement ressentie par les agriculteurs aujourd’hui."

Références

L'équipe

Jean Leymarie
Jean Leymarie
Jean Leymarie
Production
Cyril Marchan
Production déléguée
Léa Sabourin
Production déléguée
Alexandre Choquet
Collaboration
Audrey Dugast
Collaboration
Max Schneider
Collaboration
Manon de La Selle
Collaboration
Félicie Faugère
Réalisation