Dans une station service à Toulouse, le 17 juillet 2022. ©AFP - Valentine CHAPUIS
Dans une station service à Toulouse, le 17 juillet 2022. ©AFP - Valentine CHAPUIS
Dans une station service à Toulouse, le 17 juillet 2022. ©AFP - Valentine CHAPUIS
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Résumé

La sobriété devient le maître mot de la réponse face à la crise de l'énergie déclenchée par la guerre en Ukraine. Des privations nécessaires, mais aussi une opportunité pour la transition écologique ?

avec :

Nicolas Goldberg (Consultant spécialiste de l‘énergie à Colombus Consulting), Phuc-Vinh Nguyen (Chercheur en politiques énergétiques à l’Institut Jacques Delors).

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Il faut se préparer à tous les scénarios, y compris au scénario du pire une interruption pure et simple des livraisons de gaz russe. Si le porte-parole de la Commission européenne est alarmiste, c'est que les Européens ne peuvent plus et ne veulent plus être dépendants énergétiquement de Moscou depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Alors la Commission européenne présente aujourd'hui son plan d'urgence. Et si l'Europe a déjà commencé à diversifier ses approvisionnements, il va falloir sans surprise faire des économies d'énergie et donc changer nos comportements. Alors qui cela concerne-t-il ? Comment faire ? Y a-t-il des risques de coupure d'électricité ou de gaz cet hiver ? Voici les questions que nous allons poser à nos invités Phuc-Vinh Nguyen, chercheur en politique énergétique à l’Institut Jacques Delors, et Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting.

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Les premières interruptions de livraison de gaz russe

Pour commencer, Nicolas Herbeaux demande si aujourd'hui on reçoit encore du gaz russe en France, et ce que l'on doit faire pour préparer cet hiver en cas de coupure.

"Effectivement, quand on parle du gaz russe qui va être coupé en Union européenne, il faut rappeler que c'est déjà le cas dans plusieurs pays, dont la France. Les premiers pays à avoir été coupés ont été la Pologne et la Bulgarie. En Pologne, qui est le pays le plus virulent à l'égard du gaz russe (et) qui avait alerté les Européens, ils prévoyaient de se débarrasser du gaz russe dès fin 2022. Là, la Russie leur a coupé le gaz. C'est arrivé six mois plus tôt que prévu, mais c'était pour une stratégie planifiée. D'autres pays qui ont été coupés, la France en fait partie", explique Nicolas Goldberg. Avec comme résultat le risque d'une concurrence en Europe sur le gaz, mais également sur les autres énergies sur lesquelles ils vont se rabattre. "Dans les prémices de REPowerEU, les premiers plans de la Commission européenne, on lisait qu'on allait se passer du gaz russe à horizon 2027. On voit bien que l'urgence n'a pas été saisie tout de suite, mais il y a aussi beaucoup de conflits entre les États membres".

Face à la crise du gaz, la réponse de la sobriété

Pour illustrer la réponse à apporter, Phuc-Vinh Nguyen ajoute que "très clairement, la sobriété, c'est un changement de comportement qui vise à diminuer la consommation" en précisant que "la sobriété ne doit pas être perçue comme étant une simple mesure de réponse à la crise, qu'on va actionner comme un levier et qu'on va oublier une fois que ce sera derrière nous". En effet le ralentissement de la production d'électricité via les centrales nucléaires, combiné à une situation politique tendue vont compliquer notre approvisionnement cet hiver, mais aussi probablement les hivers prochains.

3 min
Références

L'équipe

Nicolas Herbeaux
Production
Bertille Bourdon
Collaboration
Tom Umbdenstock
Collaboration
Sarah Masson
Production déléguée
Alexandre Choquet
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation
Anne-Claire Bazin
Production déléguée
Élodie Piel
Collaboration