Des billets chinois de 100 yuans et un billet en dollars américains pris en photo à Beijing en 2017.
Des billets chinois de 100 yuans et un billet en dollars américains pris en photo à Beijing en 2017. ©AFP - FRED DUFOUR
Des billets chinois de 100 yuans et un billet en dollars américains pris en photo à Beijing en 2017. ©AFP - FRED DUFOUR
Des billets chinois de 100 yuans et un billet en dollars américains pris en photo à Beijing en 2017. ©AFP - FRED DUFOUR
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Benoît Bouscarel reçoit Dominique Plihon, économiste et professeur à l'Université Paris XIII, et Pascal Boniface, directeur de l'IRIS, pour parler de la chute du Yuan, une nouvelle étape cruciale dans la guerre commerciale qui oppose la Chine aux Etats-Unis depuis mars 2018.

Avec
  • Pascal Boniface Directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques)
  • Dominique Plihon Chercheur associé à la Chaire Energie et Prospérité de l’Institut Louis Bachelier, membre du Centre d’Economie de Paris-Nord (CEPN/CNRS), professeur émérite à Paris XIII

"Pas d’accord en vue avec la Chine" expliquait Donald Trump encore, vendredi. En attendant la reprise espérée des négociations entre les deux grandes puissances, en septembre on en est là : les tensions générées par la guerre commerciale lancée au printemps 2018 inquiètent (et pas uniquement les places boursières), la crainte est généralisée de voir la croissance mondiale durablement atteinte d’autant que Pékin - la semaine dernière - a laissé le Yuan perdre suffisamment de valeur pour contrer (pour essayer d’effacer) les attaques douanières des États-Unis.

Depuis un an et demi, et les premières menaces de Donald Trump sur les exportations chinoises… les marchés financiers sont nerveux. Et l’Union Européenne semble n’avoir d’autre choix que d’être spectatrice et pénalisée, avec sa monnaie trop forte. La question est de savoir où tout cela nous mène ? 

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La campagne de Trump pour sa réélection et les visées impérialistes de Xi Jinping (qui va bientôt célébrer les 70 ans de la fondation de la République Populaire de Chine) peuvent-elles nous faire craindre une crise généralisée ? Quelles sont les dernières nouvelles de la mondialisation ? 

Depuis le départ, Trump fait une politique extérieure motivée par des logiques de politique intérieure. Pascal Boniface

Trump n'a pas intégré un changement important, on était avant dans une situation hégémonique des Etats-Unis, aujourd'hui, c'est fini, on est dans un monde polycentrique. Dominique Plihon

La Chine se trouve face à une difficulté, c'est que son modèle basé sur les exportations doit être remis en cause, elle s'est rendu compte à l’occasion de la crise qu'elle était beaucoup trop dépendante de ses exportations. Dominique Plihon

Il y a un chargement de paradigme, la question n'est plus de savoir si la Chine va devenir la première puissance mondiale, mais quand la Chine va devenir la première puissance mondiale." Pascal Boniface

On a un acteur qui n'est pas dans le long terme, il veut être le mâle dominant de la scène internationale. Pascal Boniface

Il est assez clair que les autorités chinoises ont œuvré pour que leur monnaie se déprécie, l'intérêt de la Chine était d'avoir une monnaie la plus faible possible. La Chine a évité la hausse de sa monnaie qui aurait dû se produire suite à ses excédents. Pascal Boniface

Si la bataille se poursuit, les autorités chinoises peuvent vendre massivement une partie de la dette américaine. Dominique Plihon

Le marché de la dette est devenu international, en France 2/3 de la dette est détenue par des non-résidents, par des étrangers. D'où le risque d'une déflagration qui aurait des conséquences difficiles à évaluer. Dominique Plihon

Si on veut réagir au défi chinois, il faut se mettre dans une logique de long terme, ce que les démocraties ont du mal à faire et ce que Trump est incapable de faire. Pascal Boniface

L'équipe

Benoît Bouscarel
Production
Charles Thibout
Production déléguée
Gwendoline Troyano
Collaboration
Lise Côme
Réalisation