L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson après un discours au 10 Downing Street, le 7 juillet 2022 ©AFP - Niklas Halle'n
L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson après un discours au 10 Downing Street, le 7 juillet 2022 ©AFP - Niklas Halle'n
L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson après un discours au 10 Downing Street, le 7 juillet 2022 ©AFP - Niklas Halle'n
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Résumé

Après trois ans à la tête du gouvernement britannique, Boris Johnson a annoncé sa démission jeudi 7 juillet. Richard Place, correspondant Radio France au Royaume-Uni et Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France à Londres, analysent la situation.

avec :

Richard Place (Journaliste, correspondant de Radio France au Royaume-Uni), Sylvie Bermann (Ancienne ambassadrice de France en Chine, au Royaume-Uni et en Russie).

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La démission la semaine dernière du Premier ministre britannique Boris Johnson laisse un parti conservateur en plein désarroi, abimé par les scandales, ainsi qu'un pays affaibli par le Brexit et les pourparlers conflictuels avec l’Irlande du Nord.

Pour analyser la situation, Baptiste Muckensturm s'entretient avec Richard Place, correspondant de Radio France au Royaume-Uni, et Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Chine, au Royaume-Uni et en Russie, autrice de Goodbye Britannia. Le Royaume-Uni au défi du Brexit (Éditions Stock, 2021).

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Les paradoxes de Boris Johnson

Comment Boris Johnson, issu d'un milieu très privilégié, a-t-il su conquérir un électorat très large ? "Depuis le début, Boris Johnson a cultivé (son électorat), y compris les électeurs travaillistes. C'est comme ça qu'il a gagné le Mur Rouge en 2019, nous explique Sylvie Bermann (...). C'est quelqu'un qui pense que tout lui est dû parce qu'il a été éduqué à Eaton – qui a formé vingt Premiers ministres britanniques – et à Oxford. Donc à la fois tout lui est dû et en même temps par son bagou, il arrive à faire croire qu'il est du côté du peuple, donc il séduisait beaucoup. C'est vraiment quelqu'un qui était charismatique dans plusieurs milieux".

Pourquoi Boris Johnson quitte-t-il le gouvernement aujourd'hui alors qu'il a accumulé les affaires depuis plusieurs mois ? Il fut d'abord affaibli par le PartyGate, ces soirées illégales organisées à Downing Street en plein confinement. Mais c'est l'affaire Pincher qui l'aura mené vers la sortie : ce député accusé de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle par plusieurs hommes avait été protégé par Boris Johnson qui disait ne pas avoir été informé de ces violences, jusqu'à ce que les preuves matérielles contredisent ses propos. "Face aux faits, face à la vérité, Boris Johnson a été obligé une nouvelle fois de reconnaître son mensonge et de s'excuser, nous raconte Richard Place. Mais ça a été la fois de trop. Et les ministres, les poids lourds que sont Rishi Sunak, le ministre de l'Économie, et Sajid Javid, le ministre de la Santé, ont décidé de démissionner à ce moment-là, provoquant en cascade cinquante-neuf autres démissions dans son gouvernement".

Boris Johnson s'accroche à son fauteuil

Paradoxalement, malgré sa démission, Boris Johnson semble s'accrocher à son fauteuil. Il envisage ainsi de rester à Downing Street jusqu'à ce que son successeur soit nommé, malgré des protestations internes. Si Boris Johnson peut garder son poste, c'est aussi parce que le procédé de désignation du prochain conservateur au poste de Premier ministre est loin d'être évident. En effet, "les députés conservateurs, les backbenchers du comité 1922, veulent que ça aille vite, nous explique Richard Place. Et ils espèrent que d'ici le 20 juillet, c'est-à-dire les vacances parlementaires, deux finalistes soient dégagés parce que ça se passe à l'intérieur du groupe parlementaire, ce vote-là. Ensuite, une fois qu'on a deux finalistes, il faut solliciter tous les adhérents du Parti conservateur. Le vote se fait par voie postale, c'est donc plus long. Ce qui permettrait sans doute de nommer ce nouveau Premier ministre début septembre et donc de ne laisser une régence par Boris Johnson que pendant l'été".

42 min
Références

L'équipe

Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Bertille Bourdon
Collaboration
Tom Umbdenstock
Collaboration
Sarah Masson
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation
Anne-Claire Bazin
Production déléguée
Élodie Piel
Collaboration