Passation de pouvoir à Matignon le 3 juillet 2020 entre Edouard Philippe et Jean Castex ©AFP - Ludovic Marin
Passation de pouvoir à Matignon le 3 juillet 2020 entre Edouard Philippe et Jean Castex ©AFP - Ludovic Marin
Passation de pouvoir à Matignon le 3 juillet 2020 entre Edouard Philippe et Jean Castex ©AFP - Ludovic Marin
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Résumé

"Opérationnalité", "mise en œuvre concrète", "efficacité", tel est le vocabulaire utilisé par le nouveau Premier ministre, Jean Castex, depuis sa prise de fonction à Matignon le 3 juillet dernier. Analyse de la séquence politique en cours avec l'historien Nicolas Roussellier.

avec :

Nicolas Roussellier (professeur d'histoire politique à Sciences Po).

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« Efficacité », c’est un mot qui revient déjà beaucoup dans la bouche du nouveau Premier ministre Jean Castex. Dans une interview donnée hier au Journal du Dimanche, il dit vouloir aller vite : opérationnalité, solutions pratiques, méthodes… tels sont les mots qu'il emploie.
 

S’agissant de méthode, la sienne, dit-il, passe par le dialogue, la mobilisation de tous et l’obsession pour la mise en œuvre concrète de ce sur quoi l’exécutif s’est engagé.
 

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Emmanuel Macron a lui prévenu hier : la politique menée sera celle qui était prévue et le nouveau gouvernement - dont on devrait connaitre la composition aujourd’hui - sera un gouvernement « de mission et de rassemblement ».

Quand l'Etat prend le gouvernement

D'après Nicolas Roussellier, "la nomination de Jean Castex indique surtout le fait que les filières traditionnelles de recrutement se sont asséchées. Historiquement, on recrute normalement un premier ministre dans les partis politiques qui sont les viviers. Où sont les partis politiques aujourd'hui ? Il n'y a pas de possibilité de recruter un poids lourd du côté de la République en marche. (...) L'autre filière de recrutement que l'on voit poindre ce sont les associations locales. On est pour le moment dans une diffraction entre deux types de vie politique. Du point de vue historique, la vie politique n'est plus homogène : on a des recrutements de plus en plus locaux d'un coté et de l'autre, un auto-recrutement de l'Etat sur l'Etat."

Il n'y a plus la possibilité de recruter un gouvernement dans le politique. Le politique ce n'est pas seulement des fonctions administratives de directeur de cabinet, mais c'est aussi de la rhétorique, la capacité à faire des discours porteurs. Le politique est en panne dans sa capacité à délivrer des têtes. Nicolas Roussellier

Références

L'équipe

Hugo Altmayer
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Manon Prissé
Collaboration
Marguerite Catton
Collaboration
Rémi Baille
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation