Dans plusieurs secteurs, la quête de sens fait concurrence au salaire dans le choix du travail qu'on adopte. ©Getty - Compassionate Eye Foundation/Martin Barraud/OJO Images Ltd
Dans plusieurs secteurs, la quête de sens fait concurrence au salaire dans le choix du travail qu'on adopte. ©Getty - Compassionate Eye Foundation/Martin Barraud/OJO Images Ltd
Dans plusieurs secteurs, la quête de sens fait concurrence au salaire dans le choix du travail qu'on adopte. ©Getty - Compassionate Eye Foundation/Martin Barraud/OJO Images Ltd
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Résumé

Considérant qu'il faut pousser les Français à travailler, Emmanuel Macron veut réformer vite l’assurance-chômage et le RSA. Ceci car la valeur travail serait devenue secondaire, passée derrière le sens qu'accordent les salariés à leur occupation professionnelle.

avec :

Bertrand Martinot (Économiste, spécialiste de la question du chômage, des politiques de l’emploi et du dialogue social), Julia de Funès (Docteure en philosophe et spécialiste en management et ressources humaines).

En savoir plus

Dans les réponses du président de la République qui promet de réformer le marché de l'emploi (assurance-chômage, RSA, formation) il faut lire l’importance accordée à la valeur travail qui a toujours été au cœur du logiciel du président réélu. Les Français de leur côté ne se bousculent plus pour faire des métiers jugés ingrats, mal payés, voire insensés. Si bien sûr on admet qu’il y a du travail pour tous – et nous en discuterons – auraient-ils perdu le goût de l’effort, ou s’offrent-ils le luxe du sens ?

Pour en discuter :

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  • Bertrand Martinot, économiste, directeur du conseil en formation professionnelle pour Siaci Saint-Honoré, senior fellow à l’Institut Montaigne
  • Julia de Funès, docteure en philosophe et spécialiste en management et ressources humaines

Travail et quête de sens

Nicolas Herbeaux demande à la philosophe si "la quête de sens est devenue aujourd'hui, après la crise sanitaire qu'on a vécue, le principal critère quand on va au travail". Julia de Funès répond par la positive, et affirme que "c'est un des critères essentiels" mais que "ça date d'avant la crise du Covid" dans le sens où cela est structurel et plurifactoriel, en notant bien que "la crise a accentué cette problématique sur le sens puisque, mis à part les métiers dits de première ligne, les métiers de soignants, on s'est tous plus ou moins posé la question du 'à quoi je sers ?' puisque le pays peut se passer de moi plusieurs mois sans problème." Elle souligne l'importance du facteur sens en précisant également que "la rémunération est très importante. L'équilibre vie professionnelle-vie personnelle est devenu très important aussi." Julia de Funès en conclut que "tout ce qui concerne le bonheur immédiat de l'individu prime maintenant sur le travail en tant que tel, qui n'est plus du tout une finalité, un but en lui-même, mais qui devient un moyen pour s'épanouir dans l'existence".

59 min

Le marché du travail en tension

L'économiste Bertrand Martinot ajoute que derrière tout ça, "il y a des phénomènes économiques de marché". C'est-à-dire que "le marché du travail (est) extrêmement tendu" car "l'économie française crée énormément d'emplois depuis quelques années et donc d'une certaine manière, le rapport de force entre l'employeur et le salarié s'est quand même en partie modifié et que dans beaucoup de secteurs, pour beaucoup de professions (donc pas tout, il ne faut pas généraliser), le rapport de force est plutôt favorable aux salariés".

29 min
Références

L'équipe

Nicolas Herbeaux
Production
Tom Umbdenstock
Collaboration
Audrey Dugast
Collaboration
Sarah Masson
Production déléguée
Manon de La Selle
Collaboration
Max Schneider
Collaboration
Alexandre Choquet
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation
Anne-Claire Bazin
Production déléguée
Élodie Piel
Collaboration
Anna Pheulpin
Collaboration