Bureau de vote à Marseille ©AFP - Christophe SIMON
Bureau de vote à Marseille ©AFP - Christophe SIMON
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Résumé

Plus de trois mois après le premier tour des élections municipales, les français étaient hier de retour dans les urnes dans près de 5 000 communes pour élire leur équipe municipale. Bilan et analyses.

avec :

Gérard Courtois (Journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde), Daniel Boy (politiste, directeur de recherche émérite au CEVIPOF, spécialiste de l'écologie politique.).

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Un second tour marqué par une faible participation de la population, alors que le pays est toujours en pleine crise sanitaire. Les résultats de ce second tour annoncent-ils une recomposition du paysage politique français ? Quel impact a eu la Covid-19  sur le déroulé et les résultats de ces élections ?  

Pour analyser les résultats de ce second tour des municipales, nous sommes avec Gérard Courtois, journaliste et ancien directeur éditorial du Monde et Daniel Boy, directeur de recherche à Sciences Po.

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Selon nos deux invités, il s'agit bel et bien d'une "vague verte" : 

Je crois qu'il s'est vraiment passé quelque chose, au sens où pendant longtemps les écologistes ont été des lanceurs d'alerte. Là, on est vraiment face à une nouvelle génération d'écologistes, qui ont un rapport non plus névrotique mais décomplexé au pouvoir, qui veulent exercer des responsabilités. C'est à mon sens la grande nouveauté de ce succès très évident. Gérard Courtois 

Finalement, les écologistes permettent-ils de recomposer une gauche ? Le politiste Daniel Boy nous répond : 

C'est un peu tôt pour le dire, mais c'est en grande partie vrai. Le PS ne met plus d'obstacle idéologique au problème de l'environnement. D'un autre côté, les Verts acceptent aussi les idées assez classiques de la gauche. Le PS et les Verts sont donc bien alignés, à la fois parce que le PS accepte l'héritage environnemental, et parce qu'au fond, les écolos sont assez satisfaits avec les valeurs de la gauche traditionnelle. Daniel Boy

Quant aux résultats de La République En Marche, peut-on parler de revers ? Gérard Courtois acquiesce : "C'est un véritable échec par rapport aux illusions que les macronistes avaient pu nourrir, après la présidentielle ou les Européennes de l'an dernier. Par rapport à ces scores, un certain nombre de gens du parti s'étaient imaginés que toutes ces villes allaient tomber comme des fruits mûrs, à commencer par Paris. Ça ne s'est pas exactement passé ainsi..."

[Les scores de LREM à] Paris, c'est vraiment la punition des enfants gâtés. C'est extraordinaire d'avoir réussi une telle Bérézina. Quand je parle d'enfants gâtés je pense à Benjamin Griveaux et ses frasques, puis à Madame Buzyn et, pour le dire poliment, ses pleurnicheries... Ce sont des responsables politiques qui ont tout eu d'un coup, tout le pouvoir, et qui ont cru que le reste allait suivre. Gérard Courtois

La situation est politiquement inédite : le parti présidentiel est majoritaire au Parlement, mais son implantation locale laisse à désirer : "Le parti d'Emmanuel Macron est un parti unipersonnel qui a été fait pour lui et par lui. On sait bien que, depuis trois ans, ce parti manque de relais et d'enracinement" estime Gérard Courtois.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
David Jacubowiez
Réalisation
Alexandra Longuet
Réalisation