Le récent vote du groupe Horizon pour la contribution de l'Etat au versement du RSA par les départements montre la versatilité des alliances au parlement. ©AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Le récent vote du groupe Horizon pour la contribution de l'Etat au versement du RSA par les départements montre la versatilité des alliances au parlement. ©AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Le récent vote du groupe Horizon pour la contribution de l'Etat au versement du RSA par les départements montre la versatilité des alliances au parlement. ©AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
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Résumé

Avec une majorité relative et trois groupes d’opposition élus en juin, nos yeux se sont tournés vers l’assemblée nationale qui devait faire l’apprentissage d’une culture du compromis.

avec :

Etienne Ollion (Chercheur au CNRS, professeur associé à l'Ecole polytechnique), Bruno Cautrès (politiste, chercheur CNRS au Cevipof, professeur à Sciences Po Paris).

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Depuis le 5 juillet, les députés sont réunis pour une session extraordinaire. Ils ont déjà débattu du projet de loi d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat et du projet de loi de finances rectificatives. Sauf que tout cela prend beaucoup de temps et un bras de fer se joue dans l'hémicycle entre la majorité relative et la nouvelle composition de l'assemblée.

Bras de fer entre partis à l'assemblée

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Un bras de fer à grand coup d'esclandre, de polémiques et d'incidents de séance. certains parlent même de bas à sable, de cour d'école, d'arènes. Se pose la question de savoir si cela est inédit...

Selon Etienne Ollion, "les majorités ou les parlements qui s'installent sont en général scrutés avec beaucoup d'attention. Et celui là ne déroge pas à la règle. On a d'ailleurs énormément de monde dans les travées des journalistes, encore plus que d'habitude. De ce point de vue là, il est certain qu'on va avoir en effet une assemblée qui sera plus regardée et dans laquelle, on a un peu plus de bruit ou il y a un peu plus de monde. Alors il faut rappeler que c'est un peu normal. Il y a beaucoup plus de monde dans l'assemblée. On n'a pas augmenté le nombre de parlementaires, mais par contre on a plus de parlementaires qui sont là parce qu'il faut que la majorité soit présente au vote. Et donc là ou il y avait 100, 150, 200 en rythme de croisière parlementaire, on en a maintenant 300 en permanence. Et comme c'est un espace, ça ne se voit pas à la télé, mais qui est petit. Ça fait évidemment beaucoup d'écho. Généralement, il y a évidemment une certaine forme d'agitation à l'heure actuelle de tension qui règne à l'Assemblée nationale. Elle me paraît un peu plus intense que d'habitude, mais pas complètement déconnectée par rapport à ce qu'on peut connaître."

Davantage de députés donc, mais le fait que la parti du président n'ait pas la majorité et qu'il doive jouer d'alliances peut également expliquer ce brouhaha.

Pour Bruno Cautrès, "par rapport à 2017, ça n'est plus du tout la même topographie du Parlement. On a des oppositions qui sont plus nombreuses et notamment on a une opposition à gauche qui s'est reconstruite au lendemain de la présidentielle avec la création de cette nouvelle coalition, la Nupes. La nuance au sein de laquelle le groupe des insoumis est le plus nombreux et donc forcément, c'est une nouvelle coalition. Donc elle a forcément a aussi imposé son tempo à faire émerger des figures nouvelles. Et évidemment, cela s'accompagne par des prises de position extrêmement fortes. Une communication aussi, qui est une communication axée sur un certain nombre de mots qui vont résonner dans l'opinion. Lorsque, par exemple, on dit que les mesures sur le pouvoir d'achat, c'est de l'enfumage, on voit qu'effectivement il y a là aussi une stratégie de communication qui est pour les électeurs de l'Est de la nuit que leurs députés leur envoient. Des messages qui sont des messages d'opposition et notamment d'une opposition assez forte sur les thèmes socio économiques."

Quelle est la stratégie du parti du Président de la république ?

Face à ces oppositions, comment le parti du président peut il faire passer les lois ?

Selon Etienne Ollion, "on a appris eux mêmes hier que le Parlement ne reviendrait pas pour une session extraordinaire au mois de septembre, mais qu'il le repartirait que la session ordinaire d'octobre. Ça peut paraître un peu compliqué, mais depuis 20 ans, on avait allongé le temps de travail du Parlement pour que le Parlement puisse faire plus de lois. Et il a été décidé de manière assez inédite en 20 ans que cette fois ci, on n'allait pas utiliser tout le créneau du mois de septembre. Et ça, ça a été justifié hier en conférence des présidents, par le ministre des Relations avec le Parlement, Franck Riester, qui a dit Il n'est pas possible à l'heure actuelle de repartir comme ça. Il l'a pas dit de manière aussi brutale, mais il faut qu'on trouve les arrangements qui vont permettre de partir. Donc je pense que la stratégie, s'il y en a une, est à l'heure actuelle en définition. (...) Sous la cinquième République, on a quand même eu très peu de gouvernements qui étaient dans une situation de majorité très relative et donc il doit évidemment composer avec cela et il cherche à l'heure actuelle comment faire. Il a pour ce faire toute une série d'armes."

Avec Etienne Ollion, professeur à l’école Polytechnique et directeur de recherche au CNRS et Bruno Cautrès chercheur au CNRS Cevipof et enseignant à Sciences Po.

Références

L'équipe

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Production
Guillaume Erner
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Production déléguée
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Réalisation
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Anna Pheulpin
Collaboration