La centrale de Zaporijia est aux mains des Russes depuis le 4 mars 2022. ©Getty - Dmytro Smolyenko/Future Publishing
La centrale de Zaporijia est aux mains des Russes depuis le 4 mars 2022. ©Getty - Dmytro Smolyenko/Future Publishing
La centrale de Zaporijia est aux mains des Russes depuis le 4 mars 2022. ©Getty - Dmytro Smolyenko/Future Publishing
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Résumé

Alors que la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, sous contrôle russe, a essuyé plusieurs tirs sur ses infrastructures ce week-end, la question de la sûreté nucléaire de la région alerte plus que jamais la communauté internationale. Quels sont les risques ?

avec :

Teva Meyer (Maître de conférences l’université de Haute-Alsace et chercheur à l’IRIS, spécialiste de géopolitique du nucléaire).

En savoir plus

Nous recevons ce matin le général Jean-Paul Paloméros et le chercheur en géopolitique du nucléaire Teva Meyer.

La centrale de Zaporijia, un enjeu stratégique

Les attaques contre la centrale ne profitent à aucun parti selon le général Paloméros et constituent "un jeu dangereux". L'hypothèse la plus probable expliquant ces frappes selon lui voudrait que les Ukrainiens aient fait une erreur :  "les Ukrainiens aimeraient bien reprendre Zaporijia, qui est un enjeu stratégique à bien des égards. C'est notamment le verrou vers la Mer Noire et les Russes en ont pris possession très tôt dans le conflit, ce qui témoigne de leur intérêt. Ils profitent de l'inviolabilité de la zone et n'ont donc pas de raison de frapper cette zone."

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Le chercheur en géopolitique du nucléaire Teva Meyer rappelle que "jamais dans l'histoire du nucléaire une centrale ne s'est retrouvée dans une telle situation de combat ouvert. Elle est très stratégique car elle située sur le Dniepr, qui fait office de ligne de front. Par ailleurs, cette centrale produisait auparavant 25% de l'électricité ukrainienne : aujourd'hui, seulement deux réacteurs sur six sont en fonction, mais la plupart des lignes vont vers des territoires comme le Donbass."

Des risques nucléaires réels ?

Même si le risque d'atteinte des réacteurs nucléaires est faible, le général Paloméros souligne que "c'est tout un ensemble de constituants qui assurent la sûreté des centrales. A partir du moment où un des éléments est déstabilisé par des bombardements ou des attaques, ce qui semble être le cas actuellement, il est difficile de prévoir comment peut dégénérer la situation."

Un constat que fait aussi Teva Meyer : "ce que l'on sait, c'est que l'intégrité des bâtiments des réacteurs n'a pas été mis en cause. Mais des bâtiments auxiliaires, notamment les lignes électriques qui alimentent ces réacteurs, ont été endommagés. Une centrale nucléaire, même à l'arrêt, a besoin d'électricité pour refroidir en permanence les réacteurs. Des diesels de secours peuvent prendre le relais à Zaporijia, et des générateurs sont bunkerisés, mais on manque d'informations."

15 min
Références

L'équipe

Jean Leymarie
Jean Leymarie
Jean Leymarie
Production
Cyril Marchan
Production déléguée
Léa Sabourin
Production déléguée
Audrey Dugast
Collaboration
Manon de La Selle
Collaboration
Félicie Faugère
Réalisation
Max Schneider
Collaboration
Alexandre Choquet
Collaboration