Emmanuel Macron, le soir de sa victoire.
Emmanuel Macron, le soir de sa victoire.
Emmanuel Macron, le soir de sa victoire. - Ludovic Marin
Emmanuel Macron, le soir de sa victoire. - Ludovic Marin
Emmanuel Macron, le soir de sa victoire. - Ludovic Marin
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Résumé

De la recomposition du paysage à la rénovation démocratique, tentative de déconstruction des expressions couramment utilisées ces derniers jours comme l’analyse politique en termes de "blocs" ou la "fatigue démocratique". 

avec :

Emilien Houard-Vial (Politiste, spécialiste de la droite française, enseignant à Sciences Po Paris et doctorant au Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po.), David Djaïz (Haut fonctionnaire, essayiste et enseignant à Sciences-Po.).

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Après les deux tours de l’élection présidentielle, et alors que les forces politiques négocient âprement en vue de la prochaine échéance des législatives, comment le paysage politique se reconfigure-t-il ? De l’effondrement des partis traditionnels à la tripartition du paysage politique qui consacre le Rassemblement national de Marine Le Pen et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon comme les deux forces principales d’opposition au nouveau locataire de l’Elysée, quelles sont les différences entre l'ancien et le nouveau monde politique en train d’émerger ? Avec David Djaïz, haut fonctionnaire, essayiste, auteur de l'ouvrage Le nouveau modèle français (Allary éditions, 2021) et de Slow Democratie (Allary éditions, 2019) et Emilien-Houard-Vial, politiste et enseignant à Sciences Po Paris.

Trois blocs monolithiques ?

"Cette notion de trois blocs politiques pose problème parce qu'elle suggère une compacité et une homogénéité que n'ont pas les résultats du premier tour de cette élection présidentielle. Il y a eu beaucoup de choix stratégiques faits par les électeurs au sein de chacun de ces trois blocs. Dès le premier tour, les électeurs ont fait une analyse stratégique en se demandant comment choisir le candidat qui permettra d'éliminer celui dont ils voulaient le moins", rappelle David Djaïz. "Il faut donc faire attention à cette rhétorique des trois blocs : la société politique française est beaucoup plus fluide que ce qu'on en dit depuis quinze jours", poursuit l'essayiste.

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Des "mouvements" en lieu et place des partis

"Il y a une forte défiance aujourd'hui de la forme partisane. On croit qu'elle synonyme de partialité d'esprit, de fermeture, de déconnexion avec les citoyens. On crée donc à la place des mouvement qui souvent ne sont pas plus performants sur ces aspects-là. (...) Les partis qui auparavant avaient un certain ancrage, avec des associations, avec certains lobbies, avec des représentations localement dans des permanences, n'existent plus vraiment. Et parce que n'y a plus cette intermédiation que permettaient les partis politiques, il y a ce risque de voir augmenter la défiance des citoyens", analyse Emilien Houard-Vial.

Associer les citoyens

"Il y a besoin d'une pratique tout à fait différente de la démocratie. On a changé de monde : la démocratie représentative a été créée dans les démocraties industrielles de l'après Seconde-Guerre mondiale. Nous sommes aujourd'hui dans un monde beaucoup plus désintermédié, fluide, liquide, où les citoyens sont plus consuméristes, et peuvent changer d'offre politique d'une élection à l'autre. La démocratie ne peut se résumer à mettre un bulletin dans l'urne une fois tous les cinq ans. Il faut que les citoyens soient associés. Et cela ne veut pas dire être simplement la caution des grandes consultations qui ne débouchent sur rien", explique David Djaïz.

Des élus en panne d'idées ?

"Prendre de la hauteur, c'est assez demandant en termes de temps et de disponibilité d'esprit. Aujourd'hui, ceux qui font la politique sont plutôt des élus. Il n'y a plus dans les partis ces permanents occupés uniquement à produire des idées, des projets, des programmes. Donc, forcément, c'est plus facile de prendre les idées qui émergent comme ça dans le débat public. On en fait des petits discours, mais est ce que ça se traduit forcément dans la loi ou dans les faits ? Il faudrait que chaque parti recréé des espaces où l'on puisse vraiment décider sur le temps long des grands projets de société", analyse Emilien Houard-Vial.

Pour aller plus loin :

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Roxane Poulain
Collaboration
June Loper
Réalisation
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée