L'ancien juge pour enfants Edouard Durand.
L'ancien juge pour enfants Edouard Durand. ©AFP - Martin Bureau
L'ancien juge pour enfants Edouard Durand. ©AFP - Martin Bureau
L'ancien juge pour enfants Edouard Durand. ©AFP - Martin Bureau
Publicité

A l’occasion de la Journée internationale des droits des enfants, l’ancien juge des enfants Edouard Durand, co-président de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.

Avec
  • Édouard Durand magistrat, membre du conseil scientifique de l’Observatoire national de l’enfance en danger et ancien membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Ce samedi 20 novembre marque la Journée internationale des droits de l'enfant. Une journée qui vient clore une semaine déjà chargée, entre l'annonce, lundi, d'un plan de lutte contre la prostitution des mineurs, le rapport mercredi sur la santé mentale des petits et le bilan d'étape de la Commission sur l'inceste, la journée de jeudi contre le harcèlement scolaire et la remise aujourd'hui même d'un rapport sur les enfants placés. 

Notre invité est un homme qui a fait toute sa vie auprès des mineurs en sa qualité de juge des enfants, Edouard Durand, co-président de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles envers les enfants.

Publicité

Les enfants, depuis que le monde est monde, ont ce que nous appelons des besoins universels : des besoins physiologiques et de santé, mais aussi des besoins d'appartenance, des besoins de découverte, de limites. L'enjeu est non seulement le bien-être de l'enfant pendant son enfance, mais son développement, jusque pendant la phase adulte. Les personnes que nous rencontrons à la Commission, qui ont 40, 60, 70 ans, nous disent en effet que les violences subies dans l'enfance restent, non pas un mauvais souvenir, mais un présent toujours actuel.  

Une personne sur dix au moins a été victime de violences sexuelles. À partir des données dont nous disposons, nous pouvons dire que, chaque année, 160 000 enfants au moins sont victimes de violences. Il y a donc un effort immense à faire : ces 160 000 enfants, nous devons les chercher pour les protéger. Pour l'instant, ils restent encore trop largement invisible. Nous ne parlons pas de chiffres : il s'agit d'enfants réels. Nous devons les trouver pour les mettre en sécurité.  

Nous nous sentons encore trop illégitimes à regarder, à nous sentir responsables de la sécurité des personnes qui vivent à l'intérieur d'une maison. Cela a été très lent, très progressif dans notre histoire. La protection de l'enfance a d'abord été, pendant très longtemps, la protection des enfants orphelins, des enfants vagabonds. Lesquels enfants étaient d'ailleurs considérés comme des enfants délinquants, c'est-à-dire des enfants non soumis à la puissance paternelle. 

Pour aller plus loin : 

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Roxane Poulain
Collaboration
June Loper
Réalisation
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée