Ervé, auteur de "Ecritures carnassières" - Editions Maurice Nadeau
Ervé, auteur de "Ecritures carnassières" - Editions Maurice Nadeau
Ervé, auteur de "Ecritures carnassières" - Editions Maurice Nadeau
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Résumé

A la rue depuis des années, Ervé fait paraître un premier livre, "Écritures carnassières" aux éditions Maurice Nadeau.

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A près de 50 ans, dont 22 passés à la rue, Ervé entame une carrière d'écrivain avec un premier livre, d'une grande force, intitulé Ecritures carnassières, un livre autobiographie dans lequel Ervé raconte par instantanés des moments de sa vie, depuis son enfance, dans plusieurs foyers de ce qu'on appelait à l'époque la DDASS, à Artres, jusqu'au bitume du Xe arrondissement où il a élu domicile. "Au départ, c'étaient des observations, je racontais ma journée. Et puis, un jour, j'ai eu un souvenir et j'ai commencé à l'écrire. Je me suis rendu compte que ça me faisait du bien d'évacuer. C'était un souvenir très douloureux, comme il y en a pas mal à la DDASS, certains sont d'une violence inouïe. Il y a des souvenirs, aussi, très douloureux dans la rue. Mais il y a aussi des souvenirs plus joyeux, je les raconte aussi dans le livre, comme lorsque j'étais au bord de l'étang. Cela me faisait du bien d'écrire ces moments-là, c'était rafraichissant, comme une thérapie".

Face à la violence de la rue, de l'enfance, Ervé s'est  "réfugié ailleurs, dans la littérature, la radio, la musique". "Je suis toujours resté assez solitaire", poursuit-il, "même entouré de gens de mon âge, enfant, ou lorsque j'étais un peu plus vieux. Mais le fait d'avoir grandi avec tous ces enfants qui avaient un parcours familial chaotique, comme moi, a peut-être développé, une affection pour eux, une empathie. C'est peut-être pour cela que je ne suis pas moi-même trop violent", relate Ervé.

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D'après de récentes études, un SDF sur quatre est un ancien enfant placé. "Je sais que quand je suis parti de la DDASS, je devais toucher une allocation. Et j'ai attendu un an pour l'avoir. Pendant un an, je fais quoi ? Pendant un an, j'ai crevé la dalle, j'ai galéré, j'étais déjà à moitié SDF. Et je ne comprends pas que les pouvoirs publics, les politiques ne prennent pas le sujet à bras le corps, parce que énormément de personnes viennent grossir les rangs, justement, dans rue qui est déjà bien encombrée. Il y en a de plus en plus, et de plus en plus jeunes, des moins de vingt-cinq ans. Ils sont en errance et ils tombent vite dans les addictions, les agressions. Donc c'est violent : mais c'est la sortie de l'ASE qui est violente.", réagit-il.

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
June Loper
Réalisation
Roxane Poulain
Collaboration
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée