Faouzia Charfi : "Il faut séparer la science du religieux"

Faouzia Charfi
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Alors que la Tunisie vient de nommer une femme scientifique cheffe du gouvernement, rencontre avec la physicienne Faouzia Charfi, qui publie L'Islam et la science. En finir avec les compromis aux éditions Odile Jacob.

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E_n ce premier jour de la Fête de la science, qui se tient jusqu'au 11 octobre, nous recevons Faouzia Charfi, une éminente représentante de la science. Physicienne, Faouzia Charfi publie l'Islam et la science chez Odile Jacob. _

La société tunisienne est une société conservatrice et elle n'est pas prête à laisser de côté le référent religieux, à accepter la privatisation du religieux. Donc, il y a le poids de la religion dans tous les domaines : dans la vie quotidienne des tunisiens, dans l'enseignement des sciences... La religion est très présente. Donc la transition démocratique tunisienne l'élimination du parti islamiste, certes, c'est important. Mais cela ne suffit pas pour autant à dire que nous allons vers une société laïque ou séculaire. Seule une volonté politique peut nous mener à cela.  

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On sait très peu de choses sur les premiers siècles de la science en pays d'Islam, qui ont été des siècles de très grande production intellectuelle. Les Européens ont peut-être retenu que la science arabe n'a fait qu'être un passeur de textes anciens. Mais non, il y a eu aussi création de science. Au XIXe siècle, on a voulu revenir à cette période glorieuse. Mais plutôt que de revenir à la science dans ce qu'elle comporte de réflexion, d'intelligence, on s'est réconcilié avec la science utile, qui sert le développement plutôt que l'atmosphère intellectuelle de création. 

La science ne peut pas se développer en toute indépendance du référent religieux. Tant que nous n'aurons pas compris cela, la science restera un objet secondaire. Le scientifique aujourd'hui doit être libre de réfléchir, d'innover et d'utiliser la méthode scientifique qui suppose une certaine distance par rapport à la contrainte religieuse. Or, nous savons très bien que les textes sacrés ont souvent empêché les chercheurs d'aller très loin dans leur réflexion.  

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