Portrait de Molière (1622-1673).
Portrait de Molière (1622-1673). ©Getty - Fine Art Images
Portrait de Molière (1622-1673). ©Getty - Fine Art Images
Portrait de Molière (1622-1673). ©Getty - Fine Art Images
Publicité

2022 sera l'année des 400 ans de Molière. Nous recevons à cette occasion l’administrateur général de sa maison : Eric Ruf.

2022 sera l’année de Molière, et qui de mieux pour célébrer l’un des plus célèbres dramaturges français que les membres de sa propre maison ? Pour le 400e anniversaire de Molière, la Comédie-Française présentera une programmation spéciale avec plus d'une vingtaine de pièces écrites ou inspirées par l'auteur.

Pour revenir sur l’histoire trouble de Jean-Baptiste Poquelin et sur son succès incontestable, nous recevons ce matin le comédien, metteur en scène, scénographe et administrateur général de la Comédie-Française, Eric Ruf

Publicité

Ma vie avec Molière

Comment avez-vous rencontré, dans votre jeunesse, la figure de Molière ? 

Curieusement, au cinéma. Avec l'école, jeune adolescent, j'ai vu le Tartuffe filmé par Jean Douchet dans la mise en scène de Jacques Lassalle. Je me souviens très bien des plans, de la lenteur de cette langue. Ensuite, j'ai du connaître Molière à l'école comme tout élève, à l'école de théâtre aussi. Je suis rentré à la Comédie-Française assez tôt, à 23 ans, j'étais en fin de première année au Conservatoire, et j'ai eu l'honneur très intense de dire les premiers mots de Molière à la cour d'honneur, puisque je jouais Don Carlos.

C'était compliqué, pour vous, de jouer Molière ?

Oui, car sa prose est très dure à dire, alors qu'on croit souvent que c'est simple. Molière écrit des rôles extraordinaires, mais pas pour le premier âge. C'est vraiment quand on arrive à 40, 50 ans que les rôles de femmes ou d'hommes deviennent extraordinaires à jouer.

Célébrer Molière à la Comédie-Française

On peut imaginer que pour la Comédie-Française, il était naturel d'honorer Molière l'an prochain. Qu'avez-vous prévu pour le célébrer comme il se doit ?

La seule chose que les comédiens peuvent dire à propos de Molière, c'est qu'à force de le fréquenter, on ne sait pas comment le jouer. Il est si polysémique, mystérieux et divers, on le fréquente si quotidiennement, qu'on ne sait pas vraiment le désigner. Avec les vingt projets que l'on monte, on aimerait que leur cumul donne le portrait le plus juste possible de Molière.

J'ai toujours considéré qu'il y avait deux Molière à la Comédie-Française. Celui qui appartient à la bibliothèque, aux archives, celui qui est colloqué, scientifiquement observé. Puis il y en a un autre, sans doute plus incertain, plus fantasmé, qui se passe de comédiens en comédiens, en travaillant son œuvre. C'est la réunion des deux qui donnera le portrait le plus sincère et le plus riche.

Le mystère Molière

La place considérable qu'occupe Molière contraste avec le peu de choses que l'on sait de lui. Cela fait quatre cents ans, mais il n'y a que des éléments épars.

Absolument : on n'a pas d'écrits de Molière, ce sont des éditeurs qui ont constitué ce qui est maintenant l'œuvre de Molière. Donc parfois on se dit que nous, comédiens, avons parfois un grand scrupule à retenir une virgule qu'il n'a pas forcément écrite lui-même. Molière est peu désigné historiquement. Mais son œuvre est là, et il est partout en elle. Alceste et Philinte, dans Le Misanthrope, sont deux faces absolues du même homme.

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation
Valentin Denis
Stagiaire