Lundi 5 juin, la Première ministre a présenté le nouveau plan du gouvernement pour faire face à la crise du logement ; un plan critiqué par les professionnels du secteur. Comment adapter les politiques publiques pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de cette crise ?
- Christophe Robert Délégué général de la Fondation Abbé Pierre
- Pascal Boulanger Président le de Fédération des Promoteurs Immobilier (FPI)
Mal-logement en France : des chiffres inquiétants
“Le logement est devenu le premier poste de dépense des ménages. Autrefois, c’était l’alimentation. Aujourd’hui, le logement prend une place très importante, explique Christophe Robert*. Si l’on prend toutes les dépenses qui gravitent autour du logement, y compris les assurances, c’est à peu près 28 à 29% en moyenne ! Pour beaucoup, c’est 40 ou 50%. Quatre millions de personnes sont en situation de mal-logement dans le pays. On a vu des choses évoluer positivement, comme la qualité des logements, le nombre de mètres carrés par ménage … En revanche, un sujet est particulièrement préoccupant, celui des sans-domiciles fixes. Ils sont aujourd’hui au nombre de 330 000. Le chiffre a doublé en dix ans. C’est un indicateur extrêmement inquiétant”, alerte le délégué général de la Fondation Abbé Pierre.
Le plan Borne, décrié à l’unanimité par les acteurs du secteur
“Ce n’est pas le grand soir. Il n’y a pas “rien”, mais ce n’est pas cela qui va nous permettre de rebooster la politique du logement, déplore Christophe Robert. Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre note des "évolutions positives, comme l'élargissement de la garantie Visale à deux millions de personnes d’ici la fin du quinqu**ennat, la prolongation du plan Logement D’abord, qui vise à permettre un accès direct, digne et durable au logement, une volonté de booster le bail réel solidaire. Mais Christophe Robert constate avec inquiétude "qu’une fois de plus, le logement social est le parent pauvre de ce plan”
Pour Pascal Boulanger, “c’est insuffisant. Les professionnels demandaient depuis longtemps des Etats généraux, ou un CNR (Conseil national de refondation) sur le logement. Mais c’est une déception générale.”
Comment expliquer l’important déficit de logement en France ?
“Il y a aujourd’hui un besoin de 450 000 logements par an, et la France en produit 100 000 de moins”, affirme Pascal Boulanger. Pour le président le de Fédération des Promoteurs Immobilier, "le logement est un malade chronique qui vient d'arriver aux urgences. On connaît une crise de l’offre depuis mars 2020 : les maires élus aux municipales l’ont été sur la question du ralentissement de la construction. Ensuite, on a connu une flambée des coûts de construction, et, à la fin de l’année, on a vu arriver la hausse des taux d’intérêt, avec un arrêt total de la demande.”
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